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Efforts physiques excessifs

Les efforts physiques font partie des activités du quotidien, comme marcher, se lever, ouvrir une porte, utiliser un outil ou pousser un chariot. Lors d’un effort physique, les muscles sont sollicités pour produire une force. Un effort physique peut mobiliser tout le corps ou en solliciter uniquement une partie spécifique.

Les efforts deviennent excessifs lorsqu’ils dépassent les capacités physiques du corps. Le contexte de travail, l’organisation du travail et l’information à la disposition des travailleuses et travailleurs influencent le type d’effort utilisé lors d’une tâche.

Fournir régulièrement des efforts physiques excessifs augmente les risques de développer une lésion professionnelle, comme un trouble musculosquelettique (TMS).

Types d’efforts excessifs

Effort statique

Ce type d’effort consiste à maintenir la même posture pendant une période prolongée. Par exemple, une hygiéniste dentaire doit rester assise et être penchée pendant une période prolongée. Cette position fixe peut devenir une posture contraignante.

Effort soudain

Un effort soudain survient de manière imprévue, souvent à la suite d’une perte d’équilibre ou d’une perte de contrôle d’un objet transporté. Par exemple, une personne qui doit s’étirer pour rattraper un objet qui tombe fournit un effort soudain.

Effort asymétrique

Un effort asymétrique sollicite le corps de manière inégale. L’effort se fait d’un seul côté du corps. Par exemple lorsqu’un travailleur soulève une charge d’une seule main.

Effort par cumul

Ce type d’effort se présente sous 2 formes :

  1. Répétition d’un même effort de manière continue
  2. Maintien prolongé d’un même effort

Monter et descendre les escaliers plusieurs fois est un exemple d’effort par cumul.

Causes d’un effort physique excessif

Chaque milieu de travail est unique et plusieurs facteurs peuvent influencer la nature des efforts déployés par une personne pour effectuer une tâche.

Les milieux de travail doivent identifier, corriger et contrôler les risques liés aux efforts physiques excessifs dans leur démarche de prévention. De cette façon, il est possible de réduire le déploiement d’efforts excessifs par les travailleuses et les travailleurs.

Exemples d’éléments à vérifier et qui peuvent influencer le niveau d’effort nécessaire à l’exécution du travail

Aménagement des postes de travail

La disposition et la hauteur des surfaces de travail ont un effet sur les déplacements, les gestes, les postures adoptées et les méthodes de travail de la travailleuse ou du travailleur. L’aménagement des postes de travail a donc un effet direct sur le niveau d’effort nécessaire exigé dans l’accomplissement d’une tâche.

La CNESST rend disponible un aide-mémoire pour bien régler et bien aménager un poste de travail informatisé.

Zones d’entreposage

La distance de déplacement entre les matériaux et le poste de travail où s’effectue la tâche détermine la durée de la tâche de manutention, et donc la durée de l’effort associé à cette tâche.

Zone de travail

La disposition des équipements, des outils, des espaces de rangement et du matériel détermine si la travailleuse ou le travailleur doit effectuer des efforts supplémentaires pour les atteindre.

Tenue des lieux et du poste de travail

Si la travailleuse ou le travailleur doit contourner un obstacle pour effectuer sa tâche, il devra faire des mouvements supplémentaires pour éviter de trébucher ou de faire tomber un objet, par exemple. Cela peut entraîner un effort excessif.

Outils

Le mauvais entretien des outils et leur niveau d’usure peuvent augmenter la force nécessaire pour les utiliser.

Expérience de travail

Le niveau d’expérience, les connaissances, les habiletés et la formation des travailleuses et travailleurs influencent les façons de travailler.

Équipements de protection individuelle (EPI)

Des gants de travail trop grands ou trop épais peuvent augmenter l’effort de préhension déployé par la travailleuse ou le travailleur.

Travail au froid

Le travail dans un environnement froid réduit la dextérité et la force des mains pour effectuer une tâche manuelle. Un même travail est plus exigeant physiquement lorsqu’il est exécuté dans un environnement froid.

Repos et récupération

Selon l’exigence physique, le temps de récupération nécessaire peut varier. Une tâche moins exigeante peut être considérée comme un temps de récupération. Par exemple, une rotation de postes devrait permettre de varier l’intensité d’effort nécessaire au cours d’un quart de travail.

Quand un effort devient-il excessif?

Un effort devient excessif en fonction, principalement, des 3 facteurs suivants :

L’intensité

Plus l’effort requis pour effectuer une tâche est important, plus cet effort est intense et plus il risque d’entraîner une blessure.

Un effort asymétrique, où les 2 côtés du corps ne sont pas sollicités de la même manière, augmente aussi l’intensité.

Si un effort excessif est combiné à d'autres risques, comme avoir une posture contraignante, l'intensité de la tâche est encore plus élevée.

La fréquence

Si le travailleur fournit fréquemment un effort excessif sur une période donnée, le risque de blessure ou d’accident augmente. Par exemple, le transport d’objets lourds répété quelques fois peut être équivalent au transport d’objets légers répété plusieurs fois.

Lorsque les muscles mobilisés par l’effort n’ont pas assez de temps pour récupérer, on parle d’une sollicitation excessive. La répétition d’un effort, combiné à d’autres risques comme le travail au froid, augmente le risque de développer un trouble musculosquelettique.

La durée

Un effort maintenu sur une longue période sans mouvement ou avec peu de mouvements n’a pas besoin d’être énorme pour devenir excessif. Par exemple, lorsque l’on maintient, de façon prolongée, un outil dans une position nécessitant de lutter contre la gravité. Ces efforts peuvent entraîner une diminution de la circulation sanguine nécessaire au bon fonctionnement des muscles, ce qui accentue la fatigue et la durée de récupération nécessaire.

Fournir des efforts excessifs, même s’ils ne sont pas statiques ou répétés, peut être dommageable lorsqu’une personne y est exposée pendant plusieurs années.