Médiation en équité salariale

Médiatrice en équité salariale
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Bien que l’on associe souvent le mot « médiation » avec le mot « conflit », beaucoup de positif peut ressortir d’une séance de médiation. La médiation est un service qui aide les travailleuses et travailleurs et leur employeur à parvenir à un accord lorsqu’ils vivent une situation conflictuelle. Mais quel rôle joue réellement la personne médiatrice?
Layla Boivin, médiatrice en équité salariale, s’entretient avec nous pour parler de son travail et nous faire part de son désir d’aider son prochain. C’est avec fierté qu’elle contribue à désamorcer des situations conflictuelles et à favoriser la résolution de problèmes.
Quel est votre titre et depuis combien de temps êtes-vous à l’emploi de la CNESST?
Je suis médiatrice en équité salariale et je suis à l’emploi de la CNESST depuis mars 2019, donc depuis environ 2 ans et demi. J’ai d’abord été engagée comme enquêtrice, puis je suis devenue médiatrice en équité salariale. J’occupe ce poste depuis janvier 2021.
Quelle est votre clientèle type et quels sont les services que vous lui offrez?
Nos clientèles sont les employeurs et les travailleuses et travailleurs, les syndicats ou les associations accréditées. La médiation est un service qui est offert lorsqu’un recours est déposé en vertu de la Loi sur l’équité salariale (LES). Le recours peut être une plainte ou, plus rarement, un différend qui est soumis à la CNESST.
Dans le cas d’une plainte, il y a toujours deux parties qui sont concernées, soit l’employeur et une travailleuse ou un travailleur, un syndicat ou une association accréditée. La personne médiatrice est une personne neutre et impartiale, qui offre exactement le même service aux deux parties :
- faciliter et favoriser leurs échanges pour qu’elles parviennent à un accord à leur satisfaction
- donner des renseignements sur la LES et les enjeux propres au dossier, tout au long du processus
Quelles sont vos principales tâches et à quoi ressemble une journée type pour vous?
Ça varie, puisqu’il n’y a pas de séances de médiation tous les jours.
Lorsque nous sommes affectés à un nouveau dossier, nous devons prendre connaissance du dossier, nous en imprégner et avoir en tête tous les éléments de la LES en lien avec le sujet. Nous pouvons ainsi mieux anticiper les questions et être disposés à donner toutes les réponses adéquatement.
Ensuite, nous contactons les parties pour leur offrir la médiation. Lors de ces appels, notre rôle est de les écouter, de bien leur expliquer en quoi consiste le processus de médiation par rapport au processus d’enquête, et de répondre à leurs interrogations et à leurs inquiétudes.
Dans le processus, nous devons consacrer une partie de notre temps à la gestion d’agenda, ne serait-ce que pour faire les suivis et organiser les rencontres.
En dehors des séances de médiation, nous devons rédiger les ententes entre les parties lorsqu’il y en a. Parfois, une personne médiatrice peut agir comme intermédiaire entre les parties pour l’échange d’information tout au long de l’évolution du dossier.
Il n’y a donc pas deux journées pareilles! Le nombre de dossiers en cours n’est pas toujours le même, mais nous remarquons que c’est cyclique. En effet, des plaintes sont déposées principalement dans les deux années qui suivent les travaux d’équité salariale devant être réalisés par les employeurs. Ces travaux doivent être faits tous les 5 ans.
Vos tâches ont-elles changé au fil des années, notamment avec l’arrivée de nouvelles technologies?
Bien évidemment, nous ne pouvons pas passer sous silence le contexte pandémique, qui a apporté son lot de défis. Les médiations en personne ont fait place aux médiations en visioconférence, ce qui a notamment créé des enjeux de proximité et de communication. En médiation, le non-verbal a une grande importance. En visioconférence, nous n’arrivons pas toujours à voir qui regarde qui ou à déceler le non-verbal des gens, ce qui engendre parfois des silences.
Les imprévus technologiques qui surviennent de temps en temps lors des rencontres de médiation peuvent aussi freiner les discussions entre les parties.
Cependant, les nouvelles technologies offrent de beaux avantages, comme la flexibilité pour l’organisation des rencontres.
Que trouvez-vous le plus stimulant dans votre travail?
Tu sais qu’en tant que médiateur, tu as joué un rôle clé, en ayant offert aux partis un contexte favorable à la discussion et aux échanges.
Nous espérons toujours qu’un dossier se règle en médiation, puisque le résultat convient alors toujours aux deux parties. Dans le processus d’enquête, les parties ne sont pas décisionnelles et ont moins de contrôle sur l’issue du processus. Toutefois, même quand un dossier ne se règle pas en médiation, nous sommes bien heureux si nous avons au moins réussi à faire cheminer les parties.
Avez-vous constaté une évolution dans votre domaine d’expertise depuis que vous occupez votre emploi? Si oui, qu’avez-vous remarqué?
Oui, tout à fait. En avril 2019, la LES a subi des modifications importantes. Tout le monde a dû faire preuve d’une grande adaptation. Nous devons avoir une excellente maîtrise de la Loi pour bien répondre aux questions des parties et bien comprendre les enjeux qui sont propres à leurs dossiers.
L’un des enjeux qui ont été déterminés par la CNESST dans ses choix stratégiques est d’offrir une expérience optimale aux clientèles. L’un des moyens qui ont été mis de l’avant pour atteindre cet objectif-là, c’est la déjudiciarisation des dossiers. Plus précisément, il s’agit de régler les dossiers sans décision de la CNESST. En ce qui nous concerne à l’Équité salariale, la médiation permet la déjudiciarisation.
Quels sont les défis auxquels vous pouvez faire face dans le cadre de votre travail?
En fait, je dirais que chaque appel ou contact avec la clientèle est un défi. D’un côté, il y a une partie plaignante qui veut défendre ses droits, de l’autre, un employeur qui est mis en cause quant à son respect de la Loi. Parfois, les parties ont déjà leur idée toute faite sur les intentions de l’autre et pensent que ça ne sert à rien de se parler. Dépendamment de la perception que les parties ont l’une de l’autre, mon défi est de faire en sorte que chaque partie accepte l’offre de médiation, malgré ses idées préconçues et ses appréhensions, sans non plus les forcer à accepter. La médiation est un processus libre et volontaire, elles doivent donc y adhérer d’elles-mêmes
Quelle a été votre plus belle expérience dans le cadre de votre travail à la CNESST?
Il n’y a pas une situation ou un dossier qui m’a davantage marquée. Tous les dossiers qui se règlent par la médiation sont de belles expériences, surtout lorsqu’au départ, les parties avaient des positions très fermes ou qu’elles refusaient tout simplement l’offre de médiation.
Quand l’issue du processus est positive, les parties parfois nous remercient et nous font part de leur satisfaction quant à leur expérience avec nous. C’est génial! Nous recevons beaucoup de gratification des parties. J’adore mon travail, c’est extrêmement valorisant de pouvoir les accompagner là-dedans et de leur offrir l’écoute dont elles ont besoin.