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Inspection et enquête en normes du travail

Sophie Mayer
Sophie Mayer
inspectrice-enquêteuse en normes du travail au guichet régional de la Vice-présidence aux normes du travail
Photo : Claude Mathieu

L’humain et la relation d’aide sont au cœur du travail de Sophie Mayer, inspectrice-enquêteuse au guichet régional de la Vice-présidence aux normes du travail depuis maintenant 2 ans. Sophie s’entretient avec nous sur son rôle dans l’analyse de la recevabilité des plaintes et dans celui du soutien direct aux milieux de travail.

Quel est votre titre et depuis combien de temps êtes-vous à l’emploi de la CNESST?

Je suis inspectrice-enquêteuse au guichet régional de la Vice-présidence aux normes du travail (VPNT) depuis maintenant 2 ans. Je suis à la CNESST depuis que j’ai terminé mon programme en travail social au cégep, en 2007. À l’époque, j’ai été embauchée comme agente d’indemnisation.

Quel est votre rôle en tant qu’inspectrice-enquêteuse au guichet régional de la VPNT?

C’est au guichet régional que nous recevons les plaintes. Nous sommes la porte d’entrée des plaintes en matière de normes du travail pour l’ensemble des travailleuses et travailleurs non syndiqués du Québec.

Mon rôle consiste à vérifier si la plainte est recevable. À cette étape, je communique avec la personne qui a déposé la plainte. Je recueille toute l’information permettant de vérifier si la plainte satisfait aux critères de recevabilité définis par la Loi sur les normes du travail (LNT). Je ne peux pas me prononcer sur les raisons qui ont mené la personne à déposer sa plainte. Je dois m’en remettre uniquement aux critères de la LNT pour décider si la plainte est recevable.

Dans les cas où la plainte concerne des sommes non payées (plainte pécuniaire), je vérifie si une entente est possible entre les parties. J’explique les normes qui s’appliquent à la travailleuse ou au travailleur et le cheminement possible de son dossier jusqu’à l’étape des tribunaux. Puis, je communique avec l’employeur pour l’informer qu’il y a eu le dépôt d’une plainte. Il doit lui aussi être informé de tout le processus en détail.

À quoi ressemble une journée type pour vous?

Une journée type pour moi, c’est beaucoup d’échanges avec les travailleuses et travailleurs et leurs employeurs. Chaque dossier est différent. Nous fournissons de l’information sur la loi ou tentons de trouver une entente en matière de plainte pécuniaire. Je dois rédiger des rapports clairs et bien préparer mes dossiers pour la personne qui reprendra le flambeau à l’étape suivante du processus. Je joins aussi aux dossiers toutes les pièces obtenues par les parties.

Avec quel type de clientèle travaillez-vous?

C’est vraiment varié parce qu’en fait, on travaille avec des gens de tous les secteurs d’activité au Québec. Tout ce que ces personnes ont en commun, c’est qu’elles pensent que leurs droits en matière de normes du travail n’ont pas été respectés.

Que trouvez-vous le plus stimulant dans votre travail?

« Avoir une relation d’aide et être une ressource pour les gens, c’est très stimulant! »

Il faut être à leur écoute pour leur expliquer la démarche lorsqu’ils déposent une plainte. Certains voudront poursuivre à l’étape suivante, d’autres choisiront de s’arrêter là, parfois parce que revivre leur situation est trop difficile. C’est un processus important. Lorsqu’on avise les employeurs du dépôt d’une plainte, nous sommes sensibles à la façon dont ils reçoivent l’information. Nous leur expliquons les étapes qui s’en suivent et répondons à leurs préoccupations.

Qu’avez-vous constaté comme évolution dans votre domaine depuis que vous pratiquez ce métier?

J’occupe ce poste depuis seulement 2 ans, mais j’ai quand même pu constater que l’aspect humain et la relation d’aide sont de plus en plus au cœur de la démarche. Les gens ont des choses à dire et ils ont besoin de les dire. Nous prenons le temps nécessaire pour les écouter et les accompagner dans le cheminement de leur dossier.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait occuper un poste comme le vôtre?

Une chose est certaine, je lui dirais qu’il faut aimer parler aux gens, parce que c’est la partie la plus importante de notre travail.

Je lui dirais également qu’il faut être capable de se détacher des situations. Les gens avec qui l’on communique vivent beaucoup de choses qui peuvent déclencher de vives émotions. Il faut savoir les écouter, les accompagner et faire preuve d’empathie, sans que leur situation nous touche trop émotionnellement.

Les journées où je me sens un plus fragile, certaines situations me touchent plus. Avec le temps, on développe des trucs. On échange entre collègues, ce qui aide beaucoup. En relation d’aide, on s’investit beaucoup. C’est très gratifiant lorsqu’on sent que l’on a fait une différence pour quelqu’un.

Quelle a été votre plus belle expérience dans le cadre de votre travail à la CNESST?

Ce sont toutes les fois où une personne m’a remerciée parce que juste le fait de m’avoir parlé lui a fait du bien : cette personne s’est sentie écoutée, soutenue et en confiance. C’est un soulagement pour elle de savoir que sa situation est prise au sérieux. Et pour moi, chaque fois, c’est une victoire!