Coup de chaleur survenu pour un travailleur de l’entreprise Coffrages MR inc. : la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Québec, le 4 juin 2019

La CNESST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête sur l’accident du travail ayant coûté la vie à M. Guy Bolduc, charpentier-menuisier pour Coffrages MR inc., le 5 juillet 2018, à Québec.

Chronologie de l’accident

Le jour de l’accident, M. Bolduc se trouvait sur un chantier de construction à Québec et s’affairait à l’installation de cornières en fer et à la préparation du coffrage de murs dans une excavation. La région de la Capitale-Nationale traversait, à ce moment, une période de canicule depuis plusieurs jours. À la fin de leur journée de travail, le travailleur et un collègue, qui covoituraient, ont quitté le chantier en direction de leur domicile. C’est alors que M. Bolduc, assis du côté passager, a présenté des symptômes de coup de chaleur. Considérant la confusion et les propos incohérents de son passager, le conducteur a immobilisé le véhicule et a contacté les services d’urgence. M. Bolduc a été transporté au centre hospitalier, où son décès a été constaté.

Causes de l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir deux causes pour expliquer l’accident :

  • Le travailleur a subi un coup de chaleur alors qu'il effectuait un travail dans une excavation durant une période de canicule;
  • La gestion de l'exposition des travailleurs aux contraintes thermiques était déficiente, amenant le travailleur à dépasser les valeurs limites admissibles d'exposition pour le travail effectué.

Comment éviter un tel accident

Pour prévenir les coups de chaleur, des solutions existent. L’employeur doit notamment :

  • évaluer le risque, plusieurs fois par jour, à l’aide des utilitaires Température de l’air corrigée (TAC) ou Température au thermomètre-globe mouillé (Wet Bulb Globe Temperature – WBGT) et ajuster les moyens de prévention selon les résultats obtenus;
  • fournir de l’eau fraîche aux travailleurs en quantité suffisante. S’assurer que ceux-ci y ont accès et qu’ils en boivent;
  • ajuster la charge de travail en fonction des conditions météorologiques (ex. : chaleur, humidité, ensoleillement);
  • s’assurer que les travailleurs prennent une ou des pauses et prévoir une augmentation de la durée et de la fréquence de celles-ci selon les conditions météorologiques tout en prenant en considération les tâches exécutées;
  • accorder des pauses plus longues aux travailleurs non acclimatés.

Par la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer d’identifier, de contrôler et d’éliminer les risques pouvant affecter la santé et la sécurité des travailleurs.

Les travailleurs doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l’enquête

  • La CNESST transmettra les conclusions de son enquête à l’Association de la construction du Québec, à l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec, à l’Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec, à l’Association québécoise des Entrepreneurs en Infrastructure, à l’Association patronale des entreprises en construction du Québec et à l’Association des entrepreneurs en construction du Québec afin que leurs membres en soient informés;
  • Le rapport d’enquête sera diffusé dans les établissements de formation offrant le programme d’études en bâtiments et travaux publics afin de sensibiliser les futurs travailleurs.
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