Accident mortel à la Ferme Steev Larose inc. :
la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Lévis, le 4 décembre 2018

La CNESST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête sur l’accident du travail ayant causé la mort d’un employeur à la Ferme Steev Larose inc. le 18 mars 2017, sur le chemin de la Grande-Ligne, à Saint-Isidore.

Chronologie de l’accident

Le jour de l’accident, M. Steev Larose et un autre travailleur s’apprêtaient à effectuer une opération de remorquage d’un tracteur enlisé dans le fossé. Pour réaliser cette tâche, ils ont utilisé un autre tracteur, afin de le tirer de sa position, à l’aide des accessoires de remorquage disponibles sur les lieux (manille, goupille, câble, chaîne). Lors de l’opération, deux des accessoires de remorquage utilisés ont cédé et un fragment a été projeté en direction de M. Larose, l’atteignant à la tête et le blessant grièvement. Celui-ci est décédé à l’hôpital des suites de ses blessures quelques semaines plus tard.

Causes de l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir trois causes pour expliquer l’accident :

  • les forces excessives liées à la méthode de remorquage ont entraîné la projection d’un fragment de la manille en direction de l’opérateur du tracteur enlisé
  • le choix et l’installation des accessoires de remorquage étaient inadaptés à la situation. En effet, les accessoires utilisés ne sont pas conçus pour le remorquage, et leur résistance est inconnue
  • la planification et l’exécution de l’opération de remorquage étaient déficientes en matière de sécurité

À la suite de l’accident, la CNESST a rendu une décision sur les lieux afin de suspendre l’opération de remorquage. Celle-ci a été effectuée par une entreprise spécialisée dans le domaine.

Comment éviter un tel accident

Les opérations de remorquage, particulièrement celles où un véhicule est embourbé, sont délicates et nécessitent de bonnes connaissances pour qu’une analyse rigoureuse des forces en présence soit réalisée et pour que les bonnes méthodes de travail et les bons accessoires soient choisis. À moins que l’on possède ces connaissances, il est recommandé de confier la tâche à des professionnels du remorquage.

Par la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires.

Les travailleurs doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l’enquête

  • La CNESST transmettra les conclusions de son enquête à l'Union des producteurs agricoles du Québec , à l'Association canadienne de sécurité agricole, à l’Association de la construction du Québec (ACQ), à l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), à l’Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec (ACRGTQ), à l’Association québécoise des entrepreneurs en infrastructure (AQEI), à l’Association patronale des entreprises en construction du Québec (APECQ), à l’Association des entrepreneurs en construction du Québec (AECQ), à l'Association des professionnels du dépannage, à l'Association du camionnage du Québec, à l'Association nationale des camionneurs artisans inc., à l'Association des routiers professionnels du Québec, au Regroupement des entrepreneurs et des camionneurs indépendants du Québec et au Comité paritaire de prévention du secteur forestier afin que leurs membres en soient informés.
  • De plus, le rapport d’enquête sera diffusé dans les établissements de formation offrant des programmes d’études en agriculture pour sensibiliser les futurs employeurs et travailleurs.