Chute mortelle d’un travailleur éjecté d’une plateforme élévatrice : la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Lévis, le 3 mars 2020

La CNESST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête sur l’accident du travail qui a coûté la vie à M. Mathieu Mathieu-Pépin, soudeur pour l’entreprise Carrière Ray-Car, une division de Sintra inc., le 22 octobre 2018, à Saint-Flavien.

Chronologie de l’accident

Le soir de l’accident, M. Mathieu-Pépin devait effectuer la vérification des courroies des organes de transmission d’un convoyeur à l’aide d’un appareil de levage de travailleurs. Prenant place au poste de commande de la plateforme de l’appareil dont la flèche était déployée à une hauteur approximative de 11 mètres, M. Mathieu-Pépin a déplacé l’appareil pour effectuer sa tâche. Lors de ce déplacement, la roue motrice gauche a roulé dans une cavité de 7,6 centimètres de profondeur ayant pour effet de déstabiliser et d’éjecter le travailleur, qui ne portait pas de harnais. M. Mathieu-Pépin a fait une chute de 11 mètres. Il a été transporté à l’hôpital où son décès a été constaté.

Les causes de l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir trois causes pour expliquer l’accident :

  • L’arrêt brusque et la rotation de l’appareil de levage, lorsque la roue motrice gauche s’est engagée dans une cavité, ont conféré à la plateforme ainsi qu’à la flèche des déplacements et des vitesses suffisamment importants pour éjecter le travailleur;
  • Le travailleur a chuté d’une hauteur approximative de 11 mètres à partir de la plateforme, lors du déplacement de l’appareil de levage sur un sol accidenté;
  • La supervision du port du harnais de sécurité par le travailleur à bord de la plateforme était déficiente.

À la suite de l’accident, la CNESST a interdit l’utilisation de l’appareil de levage aux fins d’enquête et d’inspection mécanique. Après l’inspection, la CNESST a autorisé l’utilisation de la plateforme élévatrice.

De plus, des correctifs ont été demandés quant à la vérification de la pression des pneus de la plateforme élévatrice, l’élaboration d’une procédure concernant le déplacement de la plateforme élévatrice lorsque la flèche est déployée et une meilleure supervision du port du harnais de sécurité et de sa liaison antichute à bord de l’appareil. L’employeur s’est conformé à ces exigences.

Comment éviter un tel accident

Pour prévenir les accidents lors du travail sur la plateforme d’un appareil de levage, des solutions existent, notamment :

  • Porter un harnais de sécurité lors de la conduite d’une plateforme de travail élévatrice.

Par la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires.

Les travailleurs doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l’enquête

  • Le rapport d’enquête sera envoyé à l’Association de la construction du Québec (ACQ), à l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), à l’Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec (ACRGTQ) et à l’Association patronale des entreprises en construction du Québec (APECQ) pour les informer des conclusions de l’enquête.
  • La CNESST informera les centres de location de plates-formes élévatrices qui offrent de la formation des conclusions de l’enquête.
  • Le rapport d’enquête sera transmis au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur pour diffusion, à titre informatif et à des fins pédagogiques, dans les établissements de formation professionnelle des métiers de l’industrie de la construction.
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