Un opérateur de chargeuse écrasé mortellement par son véhicule : la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Gaspé, le 3 avril 2019
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La CNESST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête sur l’accident du travail qui a coûté la vie à M. Mathieu Simard, opérateur de chargeuse pour Les Entreprises Mont-Sterling inc., le 21 septembre 2018, à la carrière Jourdain, à Cap-Chat.

Chronologie de l’accident

Le jour de l’accident, M. Simard procédait au chargement de pierres concassées dans la semi-remorque d’un camionneur à l’aide d’une chargeuse. Une fois l’opération terminée, le camionneur s’est rendu au poste de pesée afin de mesurer son chargement. Quant à M. Simard, il est descendu de la chargeuse pour gonfler un pneu. Le camionneur, n’ayant pas atteint la limite de poids permise, a reculé sur plus de 110 mètres pour revenir à la zone de chargement afin qu’on emplisse davantage la semi-remorque. Alors que M. Simard se trouvait derrière le pneu arrière droit de la chargeuse stationnée, la semi-remorque est entrée en collision avec le godet de la chargeuse. Sous la force de l’impact, la chargeuse a reculé de 0,9 m et roulé sur l’opérateur. Les services d’urgence ont été appelés. Le décès du travailleur a été constaté sur place.

Les causes de l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir deux causes pour expliquer l’accident :

  • Alors qu’il s’apprêtait à gonfler un pneu, le travailleur a été écrasé par sa chargeuse stationnée dans la voie de circulation lorsqu’un camion en marche arrière est entré en collision avec celle-ci;
  • La gestion déficiente de la circulation dans la carrière a amené le camionneur à effectuer une manœuvre de recul sur plus de 110 m entre le poste de pesée et la zone de chargement.

À la suite de l’accident, la CNESST a demandé à l’employeur qu’il définisse une zone de travail spécifique pour la maintenance des véhicules hors des voies de circulation de la carrière. L’employeur s’est conformé à cette exigence.

Comment éviter un tel accident

Pour prévenir les accidents liés aux interactions piétons/véhicules, des solutions existent, notamment :

  • planifier la circulation des véhicules automoteurs de manière à limiter la coactivité piétons/véhicules;
  • restreindre les manœuvres de recul.

Par la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires.

Les travailleurs doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l’enquête

  • La CNESST transmettra les conclusions de son enquête à l’Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec, à l’Association du camionnage du Québec, à l’Association nationale des camionneurs artisans, au Regroupement des entrepreneurs et des camionneurs indépendants du Québec et aux exploitants de carrières du Québec;
  • Le rapport d’enquête sera diffusé dans les établissements de formation offrant les programmes Mécanicien(ne) d’engins de chantiers et Transport par camion.