Un ouvrier agricole et son employeur meurent à l’intérieur d’un silo : la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Lévis, le 28 novembre 2019
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La CNESST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête sur l’accident du travail qui a coûté la vie à l’ouvrier agricole Axel Josué Saloj Miculax et à son employeur, Dany Rodrigue, le 26 septembre 2018 à la Ferme Rodveil Holstein inc., située à Saint-Simon-les-Mines.

Chronologie de l’accident

Le jour de l’accident, M. Miculax et un collègue devaient entrer à l’intérieur d’un silo tour conventionnel afin de niveler l’ensilage de maïs à l’aide de fourches. Afin d’y accéder, ils ont utilisé l’échelle de la chute du silo. M. Miculax a ouvert la porte du silo et s’est introduit à l’intérieur. Son collègue, placé un peu plus bas dans l’échelle, l’a entendu crier. Constatant que M. Miculax ne descendait pas, il a couru chercher l’employeur, M. Rodrigue. Celui-ci est alors monté dans l’échelle de la chute et est entré dans le silo pour aller chercher le travailleur. Voyant que ce dernier ne redescendait pas lui non plus, l’autre travailleur a couru chercher le père de l’employeur à la résidence de la ferme. Les secours ont été appelés et les corps ont été retrouvés inertes à l’intérieur du silo par le Service de sécurité incendie de Beauceville.

Les causes de l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir deux causes pour expliquer l’accident :

  • L’employeur et le travailleur ont été asphyxiés en raison d’une atmosphère appauvrie en oxygène par la présence de gaz d’ensilage à l’intérieur du silo tour conventionnel;
  • La planification et les méthodes d’exécution du travail en espace clos étaient inexistantes.

À la suite de l’accident, la CNESST a suspendu l’accès à l’intérieur des silos de la ferme. Une procédure d’entrée en espace clos a été exigée de l’employeur. Cette interdiction d’accès est toujours en vigueur.

Comment éviter un tel accident

Pour prévenir les accidents liés à l’atmosphère pauvre en oxygène dans les silos tours d’ensilage, des solutions existent :

  • S’il est absolument nécessaire d’entrer à la fin du remplissage d’un silo, lors de la période de fermentation ou à l’ouverture d’un silo après la période de fermentation, une procédure complète d’entrée en espace clos doit être respectée;
  • Tant que les mesures de détection des gaz (O2, CO2, NO, NO2) ne confirment pas que l’atmosphère est sûre, le port d’un appareil de protection respiratoire est obligatoire pour monter dans la chute et entrer dans le silo.

Par la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires.

Les travailleurs doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l’enquête

  • Le rapport d'enquête sera envoyé à l’Union des producteurs agricoles (UPA) ainsi qu’à l’Association canadienne de sécurité agricole afin qu’elles informent leurs membres des conclusions de l’enquête;
  • La CNESST informera les fabricants et les distributeurs de silos des conclusions de l’enquête;
  • Le rapport d’enquête sera diffusé dans les établissements de formation offrant les programmes d’études en agriculture.
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