Électrocution d’un travailleur de Pavages Multipro inc. à Wentworth : la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Saint-Jérôme, le 28 janvier 2020

La CNESST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête sur l’accident du travail ayant coûté la vie à M. Luc Boisclair, manœuvre spécialisé pour Pavages Multipro inc., à Wentworth, le 22 août 2019.

Chronologie de l’accident

Le jour de l’accident, M. Boisclair et ses collègues effectuaient des travaux de pavage à proximité des lignes électriques aériennes alimentées par une tension de 25 000 volts. Pour égaliser la chaussée, les travailleurs devaient appliquer une couche d’enrobé bitumineux avec un finisseur. Des camions à benne basculante venaient, tour à tour, s’appuyer à l’avant du finisseur pour l’alimenter.

Pour éviter que la benne d’un des camions touche aux fils électriques, l’opérateur du finisseur guidait le camionneur. Pendant ce temps, M. Boisclair et un autre collègue faisaient des ajustements manuels à l’aide d’une manivelle située à l’arrière du finisseur.

Alors que la benne du camion était déployée dans les airs, un lien électrique s’est créé à partir de la ligne aérienne. La benne est devenue énergisée et l’énergie électrique a été transmise au finisseur. M. Boisclair, qui avait alors la main droite sur la manivelle de commande du finisseur et un pied au sol, a été électrocuté. Il a été transporté au centre hospitalier, où son décès a été constaté.

Causes de l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir trois causes pour expliquer l’accident :

  • Lors de travaux de correction de la route, le finisseur a été énergisé par une tension électrique de 14 400 volts, entraînant l’électrocution du travailleur;
  • La planification des travaux effectués à proximité des lignes électriques aériennes sous tension était déficiente;
  • La méthode de travail utilisée a permis à la benne du camion de s’approcher à moins de 3 mètres d’un conducteur sous tension.

À la suite de l’accident, la CNESST a interdit à l’employeur les travaux de pavage à proximité des lignes électriques et l’utilisation de la machinerie en lien avec l’accident. La CNESST a exigé de l’employeur qu’il élabore une méthode de travail sécuritaire à proximité des lignes électriques et qu’une inspection de la machinerie soit effectuée. L’employeur s’étant conformé à ces exigences, les travaux ont pu reprendre.

Comment éviter un tel accident

Pour prévenir les accidents lors de travaux à proximité d’une ligne électrique aérienne, des solutions existent.

L’employeur doit s’assurer qu’au moins une des mesures de prévention suivantes est appliquée

  • La ligne électrique est mise hors tension;
  • Il y a une convention écrite avec l’entreprise d’exploitation d’énergie électrique, par exemple Hydro-Québec, sur les mesures de sécurité à prendre;
  • Un dispositif limiteur de portée est utilisé lorsque l’équipement roulant et déployable risque de s’approcher à moins de la distance minimale des lignes électriques;
  • Le choix de l’équipement ou des matériaux est fait de façon qu’ils ne risquent pas de s’approcher à moins de la distance minimale d’approche des lignes électriques.

Par la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires.

Les travailleurs doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l’enquête

  • La CNESST transmettra les conclusions de son enquête aux associations suivantes afin qu’elles diffusent les conclusions de cette enquête auprès de leurs membres :
    • Bitume Québec,
    • Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec,
    • Association québécoise des entrepreneurs en infrastructure,
    • Association nationale des camionneurs artisans indépendants,
    • Regroupement des entrepreneurs et des camionneurs indépendants du Québec,
    • Ministère des Transports du Québec,
    • Associations sectorielles paritaire,
    • Gestionnaires de mutuelles de prévention.
  • Le rapport d’enquête sera diffusé dans les établissements de formation offrant les programmes Conduite d'engins de chantier et Transport par camion;
  • La CNESST a délivré à l’employeur, Pavages Multipro inc., un constat d’infraction. Pour ce type d’infractions, le montant de l’amende varie de 17 179 $ à 68 721 $ pour une première offense, et pourrait atteindre 343 607 $ en cas de récidive.
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