Un travailleur agricole décède des suites d’un coup de chaleur : la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Saint-Jean-sur-Richelieu, le 26 août 2020

La CNESST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête sur l’accident du travail ayant coûté la vie à M. Dhami Manohar Singh, travailleur agricole pour l’entreprise 9397-6173 Québec inc., le 4 juillet 2019 à Napierville.​

Chronologie de l’accident

Le jour de l’accident, M. Singh a pris l’autobus à partir de Montréal, en compagnie de travailleurs d’une agence de placement de personnel, pour procéder au désherbage d’un champ d’oignons appartenant à la Ferme Hotte & Van Winden. Vers 10 h, les travailleurs ont pris une pause de 15 minutes. Un peu plus tard, les travailleurs se sont arrêtés pour une pause repas d’une durée de 60 minutes plutôt que les 30 minutes habituelles, étant donné les conditions météorologiques (chaleur et humidité). Vers 15 h, ils ont pris une autre pause. Le superviseur de la ferme a demandé aux travailleurs de s’hydrater. Alors qu’il se dirigeait vers la toilette chimique mobile, M. Singh s’est effondré au sol. Il a été retrouvé face contre terre. Les secours ont été appelés et il a été transporté au centre hospitalier. Il est décédé deux jours plus tard.

Causes de l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir deux causes pour expliquer l’accident :

  • La perte hydrique occasionnée par le désherbage manuel d’un champ d’oignons dans un environnement chaud et humide, le 4 juillet 2019, est un des facteurs ayant contribué au décès par coup de chaleur du travailleur.
  • Les travailleurs de l’agence de placement de personnel sont exposés aux risques associés aux contraintes thermiques en raison de l’absence d’une démarche d’intégration des nouveaux travailleurs pour les informer des risques liés à leurs tâches de travail.

Comment éviter un tel accident

Pour prévenir les coups de chaleur, des solutions existent. L’employeur doit notamment :

  • s’assurer que les travailleurs sont formés et informés sur les risques liés aux coups de chaleur et sur les moyens pour les prévenir;
  • évaluer le risque, plusieurs fois par jour, à l’aide des utilitaires Température de l’air corrigée (TAC) ou Température au thermomètre-globe mouillé (Wet Bulb Globe Temperature – WBGT) et ajuster les moyens de prévention selon les résultats obtenus;
  • ​fournir aux travailleurs de l’eau fraîche en quantité suffisante et s’assurer que ceux-ci y ont accès et qu’ils en boivent;
  • ​ajuster la charge de travail en fonction des conditions météorologiques (p. ex. : chaleur, humidité, ensoleillement);
  • ​s’assurer que les travailleurs prennent une ou des pauses et augmenter la durée et la fréquence de celles-ci selon les conditions météorologiques tout en prenant en considération les tâches exécutées;
  • ​accorder des pauses plus longues aux travailleurs non acclimatés.

Par la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires.

Les travailleurs doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l’enquête

Pour éviter qu’un tel accident ne se reproduise, de nouvelles dispositions de la Loi sur les normes du travail (LNT) qui viennent encadrer les activités des agences de placement de personnel sont entrées en vigueur par règlement le 1er janvier 2019. De plus, la CNESST informera des conclusions de son enquête l’Association nationale des entreprises en recrutement et placement de personnel, l’Union des producteurs agricoles (UPA), l’Association canadienne de sécurité agricole (ACSA) et Ferme Québec.

Le rapport d’enquête sera également diffusé dans les établissements de formation offrant des programmes d’études en agriculture pour sensibiliser les futurs employeurs.​

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