Noyade d’un travailleur de la Marina du Richelieu 2.0 lors d’une plongée : la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Saint-Hyacinthe, le 25 novembre 2020

La CNESST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête sur l’accident du travail ayant coûté la vie à M. Stéphane Parent, travailleur pour la Marina du Richelieu 2.0, le 6 avril 2020, à Belœil.

Chronologie de l’accident

Le jour de l’accident, M. Stéphane Parent se trouvait à la Marina du Richelieu 2.0 de Belœil pour procéder à l’installation des quais. Pour ce faire, il devait récupérer au fond de la rivière un câble d’acier. Muni d’un équipement de plongée dont l’apport d’air est assuré par un boyau relié à une bonbonne placée sur une barge, M. Parent effectuait la plongée à proximité de la barge, à laquelle il était relié par une ligne de sécurité et dans laquelle prenait place son collègue. Après quelques minutes sous l’eau, il est remonté à la surface. Il était alors essoufflé et emmêlé dans sa ligne de sécurité et son boyau d’alimentation en air. Alors que le travailleur flottait près de la barge, son masque a été retiré, puis son collègue l’a aidé à se défaire des équipements auxquels il était emmêlé. À la suite de ces manœuvres, le travailleur, qui n’était plus relié à la barge par sa ligne de sécurité, a soudainement coulé dans l’eau sans pouvoir refaire surface. Les secours ont été appelés sur les lieux, et M. Parent a été transporté à un centre hospitalier, où son décès a été constaté.

Causes de l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir deux causes pour expliquer l’accident :

  • le travailleur a coulé dans l’eau sans être alimenté en air respirable et sans être relié à sa ligne de sécurité;
  • l’organisation des travaux d’installation des quais était déficiente en ce qui a trait aux équipements utilisés, à la méthode de travail et à la formation du travailleur.

À la suite de l’accident, la CNESST a interdit à l’employeur, Marina du Richelieu 2.0, de terminer l’installation de ses quais. L’employeur ayant mis en place une procédure de travail sécuritaire, la CNESST a autorisé la reprise des travaux. De plus, la CNESST a interdit l’utilisation du masque de plongée et du boyau d’alimentation en air puisqu’ils sont inadéquats pour la plongée en contexte professionnel.

Comment éviter un tel accident

Pour prévenir les accidents lors de travaux effectués en plongée, des solutions existent, notamment :

  • le travail doit être effectué par une équipe composée d’au moins trois plongeurs ayant reçu une formation en plongée professionnelle;
  • l’employeur doit s’assurer, avant de commencer les travaux, qu’un plan de plongée a été élaboré et que ce plan comprend notamment :
    • l’identification des risques et les mesures de prévention à prendre pour les éliminer et les contrôler,
    • les mesures à prendre lors de situations d’urgence qui permettent de porter assistance rapidement à un plongeur.

En vertu de la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires.

Les travailleurs doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l’enquête

  • La CNESST transmettra les conclusions de son enquête à l’Alliance de l’industrie nautique du Québec, à l’Union des municipalités du Québec et à la Fédération québécoise des activités subaquatiques afin que leurs membres en soient informés.
  • Le rapport d’enquête sera également diffusé et distribué auprès de l’Institut maritime du Québec, aux associations sectorielles paritaires et aux gestionnaires de mutuelles de prévention. ​​​