Décès d’un mécanicien de l’entreprise Machineries Trakto, à Laval : la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Laval, le 22 septembre 2020

La CNESST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête sur l’accident du travail ayant coûté la vie à M. Alain Blanchet, mécanicien pour l’entreprise Machineries Trakto, le 23 mars 2020, à Laval.

Chronologie de l’accident

Dans les jours qui ont précédé l’accident, M. Blanchet a amorcé la réparation d’une chargeuse compacte. Avant de procéder à la réparation, il a installé un arrêtoir pour retenir les bras de levage de la chargeuse en position élevée. En l’absence de l’arrêtoir d’origine, il a sélectionné un modèle usagé parmi un ensemble d’arrêtoirs disponibles à l’atelier mécanique.

Le jour de l’accident, M. Blanchet devait actionner la soupape de pression du système hydraulique de la chargeuse pour effectuer un test d’étanchéité. Pour arriver à actionner les composantes mécaniques situées sous la cabine, tandis que la cabine et les bras de levage demeuraient soulevés, il a contourné le mécanisme de sécurité du système hydraulique. Puis, en poussant la pédale gauche avec sa main, il a actionné la descente des bras de levage. La force appliquée a alors fait éjecter l’arrêtoir. M. Blanchet, qui se trouvait dans la trajectoire de descente des bras de levage, a été écrasé entre le châssis de la chargeuse compacte et l’un des bras de levage. Les secours ont été appelés sur les lieux, et M. Blanchet a été transporté à un centre hospitalier, où il est décédé.

Causes de l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir trois causes pour expliquer l’accident :

  • le travailleur a été écrasé par la descente du bras de levage alors qu’il utilisait un arrêtoir de bras de levage non compatible avec une chargeuse compacte S70 de la marque Bobcat®;
  • la méthode de travail utilisée par le travailleur pour actionner la soupape de pression du système hydraulique était dangereuse;
  • la gestion des dangers liés à l’entretien de la chargeuse compacte était déficiente.

À la suite de l’accident, la CNESST a interdit à l’employeur d’effectuer les travaux de réparation sur la machinerie lorsque les bras de levage sont soulevés et que le moteur est en marche. La CNESST a également demandé à l’employeur qu’il conçoive une méthode de travail sécuritaire pour l’utilisation des arrêtoirs. Finalement, la CNESST a demandé à l’employeur qu’elle forme ses mécaniciens et qu’un moyen de contrôle soit mis en place pour s’assurer que la méthode est appliquée. L’employeur s’étant conformé à ces exigences, les travaux de réparation sur la machinerie ont pu reprendre.

Comment éviter un tel accident

Pour prévenir les accidents lors de l’entretien, de la réparation ou du déblocage dans la zone dangereuse d’une machine, des solutions existent, notamment :

  • appliquer une méthode de contrôle des énergies avant d’entreprendre tout travail dans la zone dangereuse d’une machine conformément aux instructions du fabricant;
  • former et informer les travailleurs ayant accès à la zone dangereuse d’une machine sur les risques liés aux tâches à effectuer et sur les mesures de prévention à appliquer.

En vertu de la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires.

Les travailleurs doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l’enquête

  • La CNESST transmettra les conclusions de son enquête au fabricant Bobcat® ainsi qu’à toutes les associations sectorielles paritaires afin que leurs membres en soient informés.
  • Le rapport d’enquête sera diffusé dans les établissements de formation offrant le programme d’études Conduite d’engins de chantier afin de sensibiliser les futurs travailleurs.