Travailleur de Trailer Wizards ltée écrasé mortellement par un tracteur de cour dans l’arrondissement Lachine, à Montréal : la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Montréal, le 22 octobre 2019

La CNESST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête sur l’accident du travail ayant coûté la vie, le 14 mars 2019, à M. Jean-Marc Charette, chef d’équipe pour Trailer Wizards ltée, dans l’arrondissement de Lachine, à Montréal.

Chronologie de l’accident

Le jour de l’accident, un client de l’entreprise a demandé à M. Charrette de déplacer une semi-remorque qui l’empêchait d’accéder à celle qu’il avait louée. Après avoir procédé au déplacement à l’aide d’un tracteur de cour, M. Charette a tenté, sans succès, d’y atteler la semi-remorque louée pour la sortir de son emplacement. Le travailleur a ensuite embrayé le tracteur de cour en marche avant et, pendant que le véhicule avançait lentement, il a quitté son poste de conduite et s’est rendu sur le pont arrière du tracteur de cour. Alors qu’il s’y tenait debout, le travailleur a perdu l’équilibre et a chuté sur l’essieu, entre le pneu et le châssis du véhicule, pour ensuite être entraîné entre le pneu et le réservoir de diesel, où il a été écrasé mortellement.

Cause de l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir cette cause pour expliquer l’accident :

  • Alors qu’il se trouvait sur la plateforme arrière du tracteur de cour embrayé en marche avant, sans chauffeur au poste de conduite, le chef d’équipe a perdu l’équilibre, a chuté puis a été écrasé entre la roue et le réservoir de diesel.

À la suite de l’accident, la CNESST a interdit à l’employeur, Trailer Wizards ltée, d’utiliser le tracteur de cour jusqu’à ce qu’une expertise réalisée sur le véhicule démontre qu’il ne présentait aucune défectuosité mécanique en lien avec l’accident. La CNESST a également exigé de l’employeur qu’il effectue les correctifs ciblés lors de l’inspection du véhicule et qu’il rappelle à tous ses travailleurs qu’ils ne peuvent, en aucun cas, se trouver debout, à l’arrière du véhicule, lorsque ce dernier est embrayé en marche avant. L’employeur s’est conformé à ces exigences.

Comment éviter un tel accident

Pour prévenir les accidents lors de l’attelage d’une semi-remorque sur un tracteur de cour, des solutions existent, notamment :

  • ne pas accéder au pont arrière du tracteur de cour en l’absence d’une semi-remorque, mis à part pour monter ou descendre du véhicule.
  • avant d’accéder au pont arrière, il faut s’assurer que la transmission du tracteur de cour est au neutre et que le frein de stationnement ainsi que le frein d’urgence sont enclenchés.

Par la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires.

Les travailleurs doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l’enquête

  • La CNESST transmettra les conclusions de son enquête à l’Association du camionnage du Québec et à l’Association des routiers professionnels du Québec afin que leurs membres en soient informés;
  • Le rapport d’enquête sera diffusé dans les établissements de formation offrant le programme d’études Transport par camion pour sensibiliser les futurs travailleurs.