Chute mortelle d’un opérateur de camion-grue pour Structure Robko lors du déchargement de matériaux sur un chantier résidentiel à Québec : la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Québec, le 21 juin 2018
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La CNESST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête sur l’accident du travail ayant coûté la vie, le 5 décembre 2017, à un opérateur de camion-grue à mât articulé au service de Structure Robko (9321-8634 Québec inc.), dans l’arrondissement de Charlesbourg, à Québec.

Chronologie de l’accident

Le jour de l’accident, l’opérateur effectuait une livraison de matériaux sur le chantier de construction d’un immeuble résidentiel. Pour ce faire, le travailleur utilisait un camion-grue à mât articulé, dont il manœuvrait la grue à l’aide d’une télécommande qu’il portait à sa taille. Lors du déchargement, il a pris place debout sur des matériaux empilés sur la remorque. Pendant une manœuvre de levage, des poutres ont glissé des chaînes servant à les soulever et sont tombées au sol, derrière la remorque. Les chaînes ont alors été projetées en direction du travailleur, qui a perdu pied et est tombé au sol. Blessé à la tête, il a été transporté à l’hôpital par ambulance, où il est décédé des suites de ses blessures le jour suivant.

Causes de l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir trois causes pour expliquer l’accident :

  • L’opérateur était exposé à un danger de chute alors qu'il était positionné sur le dessus d'une pile de matériaux enneigés de la remorque de son camion-grue à mât articulé lors de manœuvres de levage pour le déchargement de la marchandise;
  • L’opérateur a perdu pied alors que les chaînes de levage ont été projetées dans sa direction après la chute des deux poutres qu'elles supportaient;
  • L’absence de formation et les directives incomplètes à l'égard du positionnement des travailleurs lors des manœuvres de déchargement ont entraîné des dangers de chute.

Comment éviter un tel accident

Lors de manœuvres de déchargement, le travailleur doit, en tout temps, être installé sur une surface stable et sécuritaire. Il est nécessaire de s’assurer que personne ne se trouve dans une zone de danger de la grue. Par exemple, on ne doit pas se tenir sous la charge ou dans une zone où on pourrait être atteint par des mouvements éventuels des charges suspendues.

Les recommandations des fabricants à l'égard de leurs produits doivent être connues des utilisateurs et mises en application. À titre d'exemple, lorsque le fabricant d'un véhicule recommande que l’utilisateur de la grue détienne la formation nécessaire, cette indication doit être respectée. Employeur et travailleurs ont tout avantage à profiter de la connaissance approfondie qu'ont les fabricants de leurs produits pour améliorer la santé et la sécurité dans leur milieu de travail.

Par la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires.

Les travailleurs doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l’enquête

  • La CNESST transmettra les conclusions de son rapport à l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT) afin que ses membres en soient informés;
  • Le rapport d’enquête sera diffusé dans les établissements de formation offrant le programme d’études Transport par camion pour sensibiliser les futurs travailleurs.

Pour en savoir plus sur la prévention des accidents liés aux chutes : cnesst.gouv.qc.ca/nepastomber