Mécanicien frappé mortellement à la tête par la partie mobile du grappin d’une chargeuse : la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Gaspé, le 20 février 2020

La CNESST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête sur l’accident du travail qui a coûté la vie à M. Martin Boudreau-Labillois, mécanicien pour l’entreprise Produits Forestiers Temrex SEC, le 8 juillet 2019, à Nouvelle.

Chronologie de l’accident

Le jour de l’accident, M. Boudreau-Labillois s’affairait à la réparation d’une fuite d’huile hydraulique sur le grappin combiné d’une chargeuse sur roues. Pour réparer la fuite, le mécanicien s’est positionné entre les fourches du grappin combiné, sous sa partie mobile, et a déconnecté un boyau hydraulique. C’est à ce moment qu’une perte de pression s’est produite dans le circuit hydraulique, entraînant la fermeture inopinée de la partie mobile du grappin. En se refermant, cette partie mobile a frappé le travailleur à la tête. Les secours ont été appelés sur les lieux. M. Boudreau-Labillois a été transporté par ambulance au Centre hospitalier, où son décès a été constaté.

Causes de l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir deux causes pour expliquer l’accident :

  • La partie mobile du grappin combiné s’est refermée de façon inopinée et a frappé le mécanicien à la tête lorsqu’il a déconnecté un boyau, provoquant une perte de pression dans le circuit hydraulique ;
  • La gestion de la méthode de contrôle de l’énergie lors de la réparation du circuit hydraulique du grappin combiné était déficiente.

À la suite de l’accident, la CNESST a interdit l’utilisation de la chargeuse mobile aux fins d’enquête et d’inspection mécanique, ainsi que du grappin combiné qui se trouvait sur la chargeuse. Après l’inspection, la CNESST a autorisé l’utilisation de la chargeuse mobile. Le grappin combiné n’est quant à lui plus utilisé par l’employeur.

De plus, des correctifs ont été demandés quant à l’accueil et à la formation offerte aux mécaniciens affectés au garage de l’entreprise.

L’employeur a depuis mis en place des correctifs concernant la formation des mécaniciens du garage et la méthode de contrôle des énergies des équipements mobiles

Comment éviter un tel accident

Pour prévenir les accidents lorsque des travaux doivent être effectués dans la zone dangereuse d’un appareil mobile – dans ce cas, la zone dangereuse d’une chargeuse sur roues –, des solutions existent. En voici trois :

  • Planifier les travaux de façon à éviter de travailler à l’intérieur d’une zone dangereuse ;
  • Si des travaux à l’intérieur d’une zone dangereuse sont nécessaires, élaborer et appliquer une méthode de contrôle des énergies permettant d’éviter toute libération d’énergie intempestive alors qu’un travailleur se trouve dans la zone dangereuse ;
  • S’assurer que la méthode de contrôle des énergies élaborée respecte les prescriptions du manufacturier et prend en considération l’ensemble des sources d’énergie présentes (ex. : source électrique, pneumatique, hydraulique, gravitationnelle).

Par la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires.

Les travailleurs doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l’enquête

  • Le rapport d’enquête sera envoyé aux associations sectorielles paritaires (ASP) et aux gestionnaires des mutuelles de prévention afin qu’ils informent leurs membres pouvant être concernés par l’enquête et ses conclusions.
  • Le rapport d’enquête sera diffusé dans les établissements de formation offrant les programmes d’études suivants : Mécanique d’engins de chantier et Mécanique de véhicules lourds routiers.
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