Décès d’un travailleur de l’entreprise Soins de santé Bayshore ltée, sur la route R1000, au sud-ouest de Matagami : la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Rouyn-Noranda, le 19 novembre 2020

La CNESST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête sur l’accident du travail ayant coûté la vie à M. George He, infirmier pour la compagnie Soins de santé Bayshore ltée, le 28 novembre 2019, sur la route R1000, au sud-ouest de Matagami.

Chronologie de l’accident

M. He a utilisé son véhicule personnel afin de se rendre à son lieu de travail au village Nemaska, situé dans le nord du Québec. Arrivé dans le secteur de la municipalité de Barraute, en Abitibi-Témiscamingue, le travailleur a fait le choix d’utiliser la route forestière R0801, qui est le trajet privilégié par Google Maps. Il a roulé sur cette route, pour ensuite poursuivre son trajet en direction nord-ouest sur la route R1000. Il a par la suite emprunté le pont de la rivière de l’Esturgeon, qui est fermé à la circulation. Son véhicule s’est immobilisé et s’est retrouvé en position précaire, à la sortie du pont, sur une section artisanale en bois qui a été construite pour remplacer deux sections manquantes du tablier. Le travailleur a quitté son véhicule à un moment indéterminé. Il a été retrouvé sans vie, à 16,8 km de son véhicule, huit jours après avoir quitté son domicile.

Causes de l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir deux causes pour expliquer l’accident :

  • d’une part, alors qu’il circulait dans un territoire exempt de couverture cellulaire, le véhicule du travailleur s’est immobilisé de façon précaire sur une section artisanale d’un pont fermé à la circulation, l’obligeant à quitter son habitacle et à s’exposer aux conditions hivernales;
  • d’autre part, le travailleur a pris l’initiative de choisir un trajet pour se rendre à sa destination qui déroge de la procédure de déplacement claire, mais incomplète, de son employeur. En effet, deux trajets avaient été donnés au travailleur pour qu’il puisse se rendre à destination. Cependant, il n’y avait pas de méthode de surveillance en place.

Comment éviter un tel accident

Pour prévenir les accidents liés aux transports en milieu isolé, des solutions existent, notamment :

  • respecter les articles 49 et 51 de la Loi sur la santé et la sécurité du travail et l’article 322 du Règlement sur la santé et la sécurité du travail, qui mentionnent l’énoncé suivant :
    • Lorsqu’un travailleur exécute seul un travail dans un lieu isolé où il lui est impossible de demander de l’assistance, une méthode de surveillance efficace, intermittente et continue doit être mise en application.
  • développer et mettre en application une méthode de surveillance efficace, intermittente et continue lorsqu’un travailleur exécute seul un travail dans un lieu isolé où il lui est impossible de demander de l’assistance;
  • former et informer les travailleurs sur les risques reliés au travail dans un lieu isolé.

En vertu de la Loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires.

Les travailleurs doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l’enquête

Une page d’information présentant les différentes mesures de prévention à appliquer pour le travail en milieu isolé, notamment en ce qui a trait aux déplacements, sera publiée en 2021 sur le site Web de la CNESST.

De plus, la CNESST transmettra les conclusions de son enquête à l’Association nationale des entreprises en recrutement et placement de personnel, ainsi qu’aux associations sectorielles paritaires et aux mutuelles de prévention afin que leurs membres en soient informés.