Un cariste écrasé mortellement :
la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Saint-Hyacinthe, le 19 juin 2019

La CNESST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête sur l’accident du travail ayant coûté la vie, le 13 avril 2018, à M. André Plante, un cariste de la compagnie Beaulieu Canada située à Acton Vale. ​

Chronologie de l’accident

Le jour de l’accident, M. Plante procédait au chargement d’une semi-remorque placée à l’un des quais de transbordement de l’établissement. Pensant que le chargement était terminé, le chauffeur a avancé son tracteur attelé à la semi-remorque au moment où M. Plante y entrait pour y déposer une palette à l’aide de son chariot élévateur. C’est alors que le chariot élévateur est tombé dans l’espace créé entre le quai et la semi-remorque. Le cariste s’est retrouvé au sol à l’extérieur du poste de conduite et a été écrasé mortellement par la charge qu’il transportait sur sa palette. ​

Causes de l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir trois causes pour expliquer l’accident : ​

  • Le départ de la semi-remorque, alors que le cariste procédait au chargement, a entraîné la chute du chariot élévateur dans l’espace créé entre la semi-remorque et le quai de transbordement.
  • Le cariste, au sol, a été écrasé lors de la chute de la charge transportée par le chariot élévateur.
  • La gestion des activités de transbordement était déficiente étant donné qu’elle n’empêchait pas le départ inopiné des semi-remorques.

À la suite de l’accident, la CNESST a interdit à la compagnie Beaulieu Canada de faire des travaux de chargement ou de déchargement des semi-remorques devant être déplacées d’un quai à l’autre de l’établissement. Elle a demandé à l’employeur de mettre en place des mesures pour assurer la santé et la sécurité des travailleurs, dont une procédure de travail sécuritaire pour les travaux de transbordement, des moyens de contrôle durables et l’évaluation des risques aux quais de transbordement. L’entreprise a aussi dû informer et former les travailleurs quant aux procédures de travail sécuritaire. L’employeur s’est conformé à ces exigences. ​

Comment éviter un tel accident

Pour prévenir les accidents lors du chargement et du déchargement d’une semi-remorque, il importe de bien planifier les travaux, de déterminer les risques et de mettre en place des moyens durables pour les prévenir. Les moyens préventifs choisis doivent être adaptés à la réalité de l’entreprise. Plusieurs solutions existent et l’employeur doit s’assurer que la méthode pour le chargement et de déchargement est sécuritaire. De plus, le déplacement d’une remorque pendant ces opérations doit être rendu impossible et, pour ce faire, certaines mesures peuvent être prises, telles que : ​

  • mettre en place des moyens techniques pour retenir la remorque au quai pendant le transbordement, par exemple, un dispositif de retenue de la barre anti-encastrement;
  • s’assurer d’une communication adéquate entre les chauffeurs et le personnel affecté au transbordement;
  • s’assurer que les procédures de travail sont sécuritaires pour toutes les opérations de transbordement.

Par ailleurs, les chariots élévateurs doivent être inspectés, munis d’une ceinture de sécurité, et seules les personnes formées et autorisées peuvent les utiliser.​

Pour en savoir plus sur les mesures de prévention en lien avec les activités de transbordement, les employeurs et les travailleurs peuvent consulter le site Web : www.irsst.qc.ca/media/magazines/v21_01/24-25.pdf.​

Par la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et garantir la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Les travailleurs doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l’enquête

Afin d’éviter qu’un tel accident ne se reproduise, la CNESST informera l’Association du camionnage du Québec, l’Association nationale des camionneurs artisans inc. et le Regroupement des entrepreneurs et des camionneurs indépendants du Québec des conclusions de son enquête.

De plus, dans le cadre de son partenariat avec la CNESST visant l’intégration de la santé et de la sécurité du travail dans la formation professionnelle et technique, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur diffusera, à titre informatif et à des fins pédagogiques, le rapport d’enquête dans les établissements de formation qui offrent les programmes d’études : Transport par camion.

La CNESST considère que la compagnie Beaulieu Canada a agi de manière à compromettre la santé et la sécurité des travailleurs. En conséquence, un constat d’infraction lui a été donné. Pour ce type d’infraction, le montant de l’amende varie de 16 793 $ à 67 176 $ pour une première offense, et pourrait atteindre 335 882 $ en cas de récidive.