Trois travailleurs blessés lors de l’effondrement d’un pylône en construction d’Hydro-Québec : la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Joliette, le 19 février 2019
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La CNESST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête au sujet de l’effondrement de trois structures de rallonge de pied d’un pylône, survenu le 7 février 2018 sur un chantier d’Hydro-Québec, à Saint-Calixte. Trois monteurs de lignes de Coentreprise Transelec-Arno ont subi des blessures mineures lors de cet événement.

Chronologie de l’accident

Le jour de l’accident, des travailleurs procédaient au montage d’un pylône électrique. Pour ce faire, ils devaient soulever et installer une à une, à l’aide d’une grue, les quatre structures de rallonge de pied (base du pylône). Durant ces opérations, les monteurs de lignes étaient placés en hauteur dans les structures et boulonnaient des membrures (barres) d’acier afin de les relier. Compte tenu d’un mauvais positionnement d’une des membrures, des travailleurs ont essayé de redresser la structure à l’aide d’un hauban (câble). La structure ne pouvant être redressée suffisamment, le hauban a été retiré et soudainement, les trois structures de rallonge de pied se sont effondrées, entraînant au sol les monteurs qui s’y trouvaient.

Causes de l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir deux causes pour expliquer l’accident :

  • Un hauban a été retiré alors que les travailleurs érigeaient le pylône, qui était dans un état d’équilibre instable;
  • La planification ainsi que les méthodes et les techniques visant à identifier, à contrôler et à éliminer les risques sont déficientes quant à l’élaboration et à l’exécution d’un procédé de montage sécuritaire.

À la suite de l’accident, la CNESST a exigé de l’employeur, Coentreprise Transelec-Arno, et du maître d’œuvre, Hydro-Québec, qu’ils revoient les méthodes d’élaboration et d’exécution d’un procédé de montage. Les deux organisations se sont conformées à ces exigences.

Comment éviter un tel accident

L’employeur et le maître d’œuvre sont tenus par la loi de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique des travailleurs. Ils ont également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires.

Les travailleurs doivent faire équipe avec l’employeur et le maître d’œuvre pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l’enquête

La CNESST recommandera à Hydro-Québec de revoir la conception des pylônes pour en assurer la stabilité lors des travaux d'érection en tenant compte notamment du préassemblage des sections, des supports et des contreventements temporaires, des haubans et des points d’ancrage.

La CNESST a délivré à l’employeur ainsi qu’au maître d’œuvre un constat d’infraction. Pour ce type d’infractions, le montant de l’amende varie de 16 793 $ à 67 176 $ pour une première offense, et pourrait atteindre 335 882 $ en cas de récidive.​​​​​​​​​