Journalier de l’entreprise Bétons préfabriqués du Lac inc. écrasé mortellement par un panneau de béton à Alma : la CNESST
dévoile les conclusions de son enquête

Saguenay-Lac-Saint-Jean, le 18 mars 2020
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Chronologie de l’accident​​

Le jour de l’accident, M. Compartino se trouvait dans le secteur de la réparation-finition de l’usine de Bétons préfabriqués du Lac inc. à Alma. Sa tâche consistait à appliquer une membrane d’étanchéité sur un panneau de béton de 4,35 m de longueur sur 2 m de hauteur et pesant 3 368 kg. Celui-ci reposait debout, sur le sens de la longueur, et était maintenu en place à l’aide de deux tiges en acier placées de chaque côté. À un certain moment, M. Compartino a enlevé une tige, car elle l’empêchait de terminer sa tâche. En raison de sa forme, le panneau ne pouvait tenir en équilibre dans cette position sans la présence de cette tige. Une fois celle-ci retirée, le panneau a donc basculé subitement et a écrasé le travailleur qui se trouvait dans sa trajectoire. Les secours ont été appelés sur les lieux et le décès de M. Compartino a été constaté par les ambulanciers.

Causes de l’accident​​

L’enquête a permis à la CNESST de retenir deux causes pour expliquer l’accident :

  • Un panneau de béton de 3 368 kg a écrasé le travailleur après qu'une tige de retenue fut enlevée pour finaliser l'application de la membrane.
  • La gestion des tâches reliées à la finition des panneaux était déficiente, car une méthode de travail dangereuse était utilisée, causant l’écrasement du travailleur.

À la suite de l’accident, la CNESST a ordonné la fermeture du secteur réparation-finition de l’usine et exigé que l’employeur démontre que les panneaux étaient maintenus en place de manière à éviter les basculements. Les travaux de réparation-finition et le déplacement des panneaux ont également été interdits dans ce secteur. Enfin, la CNESST a demandé qu’une méthode de travail sécuritaire soit élaborée et que l’employeur dispense la formation nécessaire à ses travailleurs. L’employeur s’est depuis conformé à ces exigences.

Comment éviter un tel accident​​

Pour prévenir ce genre d’accident, des solutions existent. Avant tout, il faut identifier les risques et mettre en place des moyens pour les éliminer ou les contrôler. Ceci débute par l’élaboration de méthodes de travail sécuritaires pour chacune des tâches à effectuer. Ensuite, il importe de s’assurer que les travailleurs soient formés et informés pour appliquer ces méthodes de travail de façon à protéger leur intégrité physique et celle de leurs collègues.

Par la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires.

Suivis de l’enquête​​​​

  • La CNESST transmettra son rapport d’enquête à l'Association Béton Québec, à l'Association québécoise des fabricants de tuyaux et d'éléments en béton préfabriqué, aux associations sectorielles paritaires ainsi qu’à l’ensemble des gestionnaires de mutuelles de prévention afin que leurs membres soient informés de ses conclusions.
  • Le rapport d'enquête sera également diffusé dans les établissements de formation qui offrent le programme Préparation et finition de béton.
  • La CNESST a délivré à l’employeur Bétons préfabriqués du Lac inc. un constat d’infraction. Pour ce type d’infractions, le montant de l’amende varie de 17 179 $ à 68 721 $ pour une première offense, et pourrait atteindre 343 607 $ en cas de récidive.
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