Chute mortelle d’un apprenti charpentier-menuisier de Dubo & Fils inc. à Québec : la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Québec, le 16 octobre 2019

La CNESST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête sur l’accident du travail ayant coûté la vie à M. Marc-André Gosselin, apprenti charpentier-menuisier pour Dubo & Fils inc. le 13 mars 2019, à Québec.

Chronologie de l’accident

Le jour de l’accident, M. Gosselin se trouvait en bordure du toit d’un immeuble multifamilial en construction sur le boulevard Bastien, à Québec, et s’affairait à étendre une pellicule de polyéthylène afin de protéger l’ouvrage contre les intempéries. Tandis qu’il reculait en tirant le coin de la pellicule, il a mis le pied sur une autre bande de pellicule qui recouvrait le décrochement (partie d'une façade, d'un mur située en retrait par rapport au reste de la construction) du portique derrière lui. C’est alors que la pellicule s’est déchirée sous le poids du travailleur et que celui-ci a fait une chute de plus de 10 m. Les secours ont été appelés sur les lieux et M. Gosselin a été transporté au centre hospitalier, où il est décédé des suites de ses blessures.

Causes de l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir deux causes pour expliquer l’accident :

  • Lors de l’installation d’une pellicule de protection contre les intempéries sur le toit de l’immeuble, le travailleur a reculé en bordure du vide sans moyens de protection et a chuté au sol;
  • La planification de la protection des ouvrages contre les intempéries a été déficiente en ce qui a trait à la formation des travailleurs et au contrôle des dangers de chute.

À la suite de l’accident, la CNESST a ordonné la suspension des travaux sur le toit de l’immeuble multifamilial et a exigé du maître d’œuvre l’élaboration d’une méthode de travail pour l’installation et le retrait de la pellicule de polyéthylène en s’assurant de protéger les travailleurs contre les dangers de chute.

Comment éviter un tel accident

Pour prévenir les accidents liés à un danger de chute de plus de 3 mètres, des solutions existent, notamment :

  • planifier les travaux de façon à ce que les travailleurs soient protégés des dangers de chute en tout temps pendant l’ensemble de l’exécution des travaux;
  • modifier la position de travail du travailleur de manière à ce que celui-ci exécute ses tâches à partir du sol ou d’une autre surface où il n’y a aucun risque de chute;
  • installer des garde-corps pour empêcher la chute, ou utiliser un autre moyen assurant une sécurité équivalente. Si ce n’est pas possible, s’assurer que les travailleurs utilisent un harnais relié à un point d’ancrage prévu à cet effet;
  • installer une ligne d’avertissement en remplacement d’un garde-corps si un garde-corps est temporairement enlevé pour exécuter des travaux à un endroit précis ou s’il s’agit de travaux de pontage ou de toiture.

Par la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires.

Les travailleurs doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

  • La CNESST transmettra les conclusions de son enquête à l'Association de la construction du Québec (ACQ), à l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ), à l'Association patronale des entreprises en construction du Québec (APECQ) et à l'Association des entrepreneurs en construction (AECQ) afin que leurs membres en soient informés;
  • Le rapport d’enquête sera diffusé dans les établissements de formation offrant les programmes d’études Charpenterie-menuiserie et Pose de revêtement de toiture pour sensibiliser les futurs travailleurs.
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