Chute mortelle d’un monteur pour GLR inc. sur un chantier d’Hydro-Québec : la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Joliette, le 14 novembre 2018

​​La CNESST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête sur l’accident du travail survenu le 14 mars dernier sur un chantier d’Hydro-Québec, aux limites de Mascouche et de Terrebonne, et ayant coûté la vie à M. Daniel Carré, monteur au service de l’entreprise GLR inc.

Chronologie de l’accident

​​Au moment de l’accident, M. Carré et d’autres travailleurs procédaient à la mise en place et au raccordement de la tête du pylône 455 d’une nouvelle ligne de transport d’électricité. Les monteurs, qui se trouvaient en haut de la structure, à une quarantaine de mètres du sol, devaient y boulonner la tête, élevée par une grue. Des cordes de vie ainsi que des cordes pour les déplacements dans la structure (ponts de corde) avaient été préalablement installées. Durant les manœuvres, M. Carré s’est engagé sur une membrure d’acier, temporairement fixée au pylône avec un boulon à une extrémité et par une broche à l’autre extrémité. Sous le poids du travailleur, la broche a cédé et la membrure a pivoté sous ses pieds. M. Carré a alors perdu l’équilibre et chuté. Le coulisseau de son équipement de sécurité a glissé sur sa corde d’assurance, sans toutefois se bloquer, et le travailleur a poursuivi sa chute jusqu’au sol. Les secours ont été appelés sur les lieux et M. Carré a été transporté au centre hospitalier, où son décès a été constaté.​​

Causes de l’accident

​​L’enquête a permis à la CNESST de retenir trois causes pour expliquer l’accident :

  • la membrure, située à 43 mètres au-dessus du sol et sur laquelle se déplaçait le travailleur, a cédé
  • le désengagement du mécanisme de blocage du coulisseau et l’absence de terminaison à l’extrémité de la corde d’assurance verticale ont exposé le travailleur à un danger de chute au sol. En effet, le déplacement latéral a amené le monteur à tenir son coulisseau dans sa main pour se rendre à sa position de travail, rendant inopérant le dispositif de blocage du coulisseau. De plus, sans nœud ni épissure renversée en fin de corde, le coulisseau s’est séparé de la corde d’assurance, et la chute du travailleur n’a donc pas pu être arrêtée
  • la méthode de travail utilisée et la formation du travailleur étaient déficientes en ce qui concerne la protection contre les chutes lors des déplacements latéraux dans la structure du pylône

​​À la suite de l’accident, la CNESST a exigé de l’employeur, l’entreprise GLR inc., et du maître d’œuvre, Hydro-Québec, qu’ils revoient les méthodes de travail et de protection contre les chutes. Les deux organisations se sont conformées à ces exigences.

Comment éviter un tel accident

​​Pour prévenir les accidents liés aux chutes de hauteur, des solutions existent, notamment :

  • l’employeur doit s’assurer que les travailleurs utilisent un système de protection contre les chutes conforme à la réglementation et respectant les instructions du fabricant. Un tel système est composé d’un harnais relié à un système d’ancrage à l’aide d’une liaison antichute
  • lorsque les travailleurs ne peuvent se maintenir en place sans l’aide de leur liaison antichute, l’employeur doit s’assurer que les travailleurs utilisent, en plus, un moyen de positionnement. Ce moyen maintient les travailleurs dans une position ou dans un emplacement tout en leur laissant les mains libres. Ce moyen doit être stable et sûr, pour éviter que le système d’arrêt de chute soit sollicité

​​L’employeur et le maître d’œuvre sont tenus par la loi de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique des travailleurs. Ils ont également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires.

​​Les travailleurs doivent faire équipe avec l’employeur et le maître d’œuvre pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l’enquête

​​La CNESST demandera à Hydro-Québec de préciser les méthodes de travail sécuritaires lors des déplacements latéraux dans les pylônes où l’accessibilité est réduite, de manière à éliminer l’utilisation des ponts de corde.

​​De plus, le rapport d’enquête sera diffusé dans les établissements de formation offrant le programme d’études Montage de lignes électriques pour sensibiliser les futurs travailleurs.