Travailleur écrasé mortellement par un sac de 1 000 kg de lait en poudre chez Les Aliments Serval Canada ltée à Louiseville : la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Trois-Rivières, le 11 mars 2020
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Chronologie de l’accident​​

Le jour de l’accident, M. Beauchemin se trouvait dans l’entrepôt des produits finis de l’entreprise et s’affairait à empiler, à l’aide d’un chariot élévateur, des sacs de vrac contenant du lait en poudre, pesant chacun 1 000 kg. Pour ce faire, le travailleur apportait les sacs un à la fois et les empilait en piles de trois sacs de hauteur selon une nouvelle méthode d’empilage mise en place au début de l’année 2019. Après avoir déposé au sol un septième sac pour commencer une nouvelle pile à l’avant des deux premières, M. Beauchemin est descendu de son chariot élévateur pour installer une feuille de contreplaqué sur le sac afin de l’aplanir pour déposer un deuxième sac sur le dessus. C’est alors que les deux sacs du haut de la deuxième pile sont tombés sur lui et l’ont écrasé. Les secours ont été appelés sur les lieux et M. Beauchemin a été transporté au centre hospitalier, où son décès a été constaté.

Causes de l’accident​​

L’enquête a permis à la CNESST de retenir trois causes pour expliquer l’accident :

  • Le travailleur a été écrasé par un sac de lait en poudre de 1 000 kg qui a chuté de 2,5 m de haut.
  • La nouvelle méthode d’entreposage élaborée par l’employeur exposait les travailleurs à un risque d’éboulement des sacs de vrac.
  • La gestion de la santé et de la sécurité était déficiente, puisque l’employeur maintenait l’utilisation d’une méthode d’entreposage dangereuse.

À la suite de l’accident, la CNESST a interdit à l’employeur, Les Aliments Serval Canada ltée, toute circulation piétonnière dans les zones de chute de sacs de vrac et de dépiler les sacs. De plus, la CNESST a interdit à l’employeur d’empiler des sacs de vrac en dehors des structures métalliques prévues à cet effet et de faire des piles de plus de deux sacs de 1 000 kg à l’intérieur de ces dernières. Pour éliminer le danger, l’employeur a élaboré des procédures de travail permettant l’entreposage sécuritaire des sacs dans les structures métalliques. La reprise du travail a été autorisée après la mise en place des nouvelles procédures.

Comment éviter un tel accident​​

Pour prévenir les accidents liés à l’entreposage de sacs de vrac, des solutions existent, notamment l’application d’une des deux méthodes suivantes :

  • Empilement en pyramide : L’empilement en pyramide est basé sur le principe de l’empilement en quinconce, c’est-à-dire que le sac du dessus est toujours déposé sur quatre sacs. La hauteur est limitée par la résistance des sacs. La grosseur des sacs et la densité volumétrique des matières du contenu des sacs auront aussi une influence sur la hauteur maximale d’un empilement en pyramide.
  • Empilement entre deux structures : Les piles doivent être supportées par des murs ou des structures de chaque côté de l’empilement.

En tout temps, l’entreprise doit s’assurer de respecter les recommandations et les guides d’utilisation produits par les fournisseurs de sacs quant à l’empilage de ces derniers afin de s’assurer que les piles sont stables et que l’empilage est fait de façon sécuritaire.

Par la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires.

Les travailleurs doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l’enquête​​​​

  • La CNESST transmettra les conclusions de son rapport d’enquête avec l’ensemble des associations sectorielles paritaires de même qu’avec les principaux intervenants ayant à manutentionner et à distribuer des sacs de vrac pour qu’ils en informent leurs membres :
    • Les coopératives laitières;
    • Les entreprises de transformation laitières;
    • La Coop fédérée;
    • Le Groupe Jafaco Gestion inc.
  • La CNESST a délivré à l’employeur, Les Aliments Serval Canada ltée, un constat d’infraction. Pour ce type d’infractions, le montant de l’amende varie de 17 179 $ à 68 721 $ pour une première offense, et pourrait atteindre 343 607 $ en cas de récidive.