Décès d’un travailleur de l’entreprise Jacques Forget ltée, à Terrebonne : la CNESST dévoile les conclusions de son enquête
les conclusions de son enquête

Joliette, le 3 septembre 2020

La CNESST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête sur l’accident du travail ayant coûté la vie à M. Bruno St-Jacques, travailleur du département de nettoyage, pour l’entreprise Jacques Forget ltée, le 3 février 2020, à Terrebonne.

Chronologie de l’accident

Le jour de l’accident, M. St-Jacques devait nettoyer l’ensemble des équipements présents dans les départements de production de l’abattoir. Lors du nettoyage du convoyeur de produits non comestibles, M. St-Jacques s’est positionné sous la table élévatrice alimentée en énergie pneumatique. C’est à ce moment qu’un levier relié à un dispositif de commande a été déplacé, actionnant la descente de la table élévatrice sous laquelle il se trouvait. M. St-Jacques a été retrouvé coincé contre celle-ci. Les secours ont été appelés sur les lieux et le travailleur a été transporté au centre hospitalier, où, le lendemain, il est décédé.

Causes de l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir deux causes pour expliquer l’accident :

  • Le dispositif de commande de la table élévatrice a été accidentellement actionné par le travailleur pendant qu’il travaillait sous cette table;
  • La méthode de travail utilisée pour le nettoyage en dessous de la table élévatrice, alimentée en énergie pneumatique, a exposé le travailleur à un risque d’écrasement.

À la suite de l’accident, la CNESST a interdit l’utilisation ou la modification de l’équipement en cause dans l’accident. Elle a aussi exigé que l’employeur mette en place un moyen de prévenir toute descente intempestive d’une table élévatrice lors d’une intervention d’un travailleur sous un tablier en position élevée. L’employeur s’étant conformé à ces exigences, l’utilisation des équipements visés a pu reprendre.

Comment éviter un tel accident

Pour prévenir les accidents lors du nettoyage d’une machine, des solutions existent, notamment :

  • le cadenassage de toutes les sources d’énergie de la machine afin d’en prévenir la mise en marche intempestive;
  • l’utilisation d’un dispositif de blocage, comme une cale ou une béquille pour le contrôle de l’énergie gravitationnelle;
  • l’achat de machines comportant une sécurité intégrée.

Par la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires.

Les travailleurs doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l’enquête

  • Afin d’éviter qu’un tel accident ne se reproduise, la CNESST transmettra au Conseil de la transformation alimentaire du Québec (CTAQ) les conclusions de l’enquête pour que le CTAQ en informe ses membres.
  • Le rapport d’enquête sera également diffusé dans les établissements de formation offrant les programmes d’études Mécanique industrielle de construction et d’entretien et Opération d’équipements de production pour sensibiliser les futurs travailleurs.