Mécanicien de l’entreprise Claveau et fils écrasé mortellement :
la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Saguenay, le 1 octobre 2020

La CNESST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête sur l’accident du travail ayant coûté la vie à M. Yan Pelletier, mécanicien de l’entreprise Claveau et fils, le 4 mai 2020, à Saguenay.

Chronologie de l’accident

Le jour de l’accident, M. Pelletier a été mandaté par son employeur pour effectuer une réparation mineure sur le démarreur d’un camion à benne. En se dirigeant vers le garage où les travaux devaient avoir lieu, le camion s’est enlisé et le réseau de distribution d’air a été endommagé lors des manœuvres pour le dégager. Une fois le camion stationné à l’arrière du garage, M. Pelletier a d’abord réparé le réseau de distribution d’air. Le conducteur a ensuite pris place au volant et M. Pelletier a grimpé sur le marchepied pour lui expliquer le fonctionnement de la benne. À la fin de cette discussion, il est descendu du marchepied et s’est glissé dans la zone de la roue avant gauche pour atteindre le démarreur, qui n’avait toujours pas été réparé. C’est alors que le conducteur, croyant que les réparations étaient terminées et ne pouvant voir le mécanicien, a entamé une manœuvre de recul, écrasant mortellement M. Pelletier.

Causes de l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir deux causes pour expliquer l’accident.

  • Alors qu’un travailleur effectuait des travaux sous un camion, le conducteur de ce dernier a amorcé une manœuvre de recul et a écrasé le travailleur.
  • L’absence de méthodes de contrôle des énergies a exposé le travailleur à un risque d’écrasement lorsque des travaux ont été effectués sous le châssis du véhicule.

À la suite de l’accident, la CNESST a interdit l’utilisation du camion et a demandé qu’une expertise soit réalisée sur celui-ci. La CNESST a également interdit à l’employeur d’effectuer tout travail en dessous d’un véhicule automoteur jusqu’à ce qu’une méthode de travail sécuritaire lui soit présentée. L’employeur s’est depuis conformé à ces exigences.

Comment éviter un tel accident

Effectuer des travaux sous un équipement mobile est une tâche dangereuse. Ainsi, l’employeur doit définir une méthode de contrôle des énergies pour ses équipements mobiles. Il doit aussi veiller à ce que les travailleurs aient le matériel et la formation nécessaires pour pouvoir la mettre en place et l’appliquer. L’option à privilégier devrait être la mise en place d’un système de cadenassage des équipements. Toute autre méthode de contrôle des énergies doit faire l’objet d’une analyse de risques avant d’être appliquée.

Selon la Loi sur la santé et la sécurité du travail, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires. Les travailleurs doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l’enquête

  • La CNESST demandera aux associations du secteur de la construction effectuant des opérations de camionnage d’informer leurs membres des conclusions de l’enquête. La CNESST rappellera notamment la nécessité de respecter les consignes concernant le contrôle des énergies lors des travaux de réparation.
  • Le rapport sera également distribué aux associations sectorielles paritaires.
  • De plus, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, dans le cadre de son partenariat avec la CNESST visant l’intégration de la santé et de la sécurité dans la formation professionnelle et technique, diffusera à titre informatif et à des fins pédagogiques le rapport d’enquête dans les établissements de formation offrant le programme d’études Mécanique de véhicules lourds routiers ainsi que le programme Transport par camion.