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Décès d’un travailleur de PJB industries inc. lors du renversement d’un chariot élévateur : la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Lévis, le 16 juin 2021

La CNESST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête sur l’accident du travail ayant coûté la vie à un jeune travailleur de l’entreprise PJB industries inc., le 15 juin 2020, à Saint-Martin.

Chronologie de l’accident

Le jour de l’accident, le travailleur devait, à l’aide d’un chariot élévateur, vider le contenu d’un bac de résidus métalliques dans un conteneur situé dans la cour de l’entreprise. Arrivé à proximité de ce dernier, il y a déversé le contenu du bac. Il a ensuite fait marche arrière : le bac a alors glissé sur les fourches du chariot et s’est retrouvé au fond du conteneur. Constatant la situation, un de ses collègues a récupéré une élingue, soit une chaîne munie de crochets, l’a fixée au bac et a enroulé son autre extrémité à l’une des fourches du chariot. Le travailleur a soulevé les fourches au maximum pour tendre l’élingue et sortir le bac, mais la hauteur du mât du chariot était insuffisante. Il a alors procédé à une manœuvre de recul pour tirer le bac hors du conteneur : le bac est sorti, provoquant le relâchement soudain de la tension de l’élingue et entraînant le renversement du chariot élévateur. Le travailleur s’est ainsi retrouvé coincé sous le véhicule. Les secours ont été appelés sur les lieux, et le travailleur a été conduit à l’hôpital, où son décès a été constaté.

Causes de l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir trois causes pour expliquer l’accident.

  • Le relâchement soudain et complet de la tension d’une élingue lors d’une manœuvre de recul avec un chariot élévateur a provoqué son renversement latéral.
  • Ne portant pas la ceinture de sécurité, le cariste a été éjecté et écrasé par la structure de protection du chariot élévateur à la suite de son renversement.
  • Le manque de formation et de supervision a fait en sorte que le jeune travailleur ignorait les risques reliés à l’utilisation d’un chariot élévateur.

À la suite de l’accident, la CNESST a interdit à l’employeur l’utilisation du chariot élévateur, et un scellé a été apposé sur le véhicule, lequel n’est plus utilisé par l’entreprise. De plus, la CNESST a exigé de l’employeur qu’il s’assure que chaque cariste lise et comprenne le manuel d’utilisation d’un chariot élévateur avant de l’utiliser. La rédaction d’une procédure de travail sécuritaire pour vider les bacs de résidus dans le conteneur a également été exigée. L’employeur s’est conformé à toutes ces exigences.

Comment éviter un tel accident

Pour prévenir les accidents liés à l’utilisation des chariots élévateurs, des solutions existent, notamment :

  • seules les personnes formées et autorisées peuvent conduire les chariots élévateurs;
  • l’utilisation des chariots élévateurs est réservée aux caristes âgés d’au moins 16 ans et d’au moins 18 ans si le chariot est utilisé sur un chantier de construction;
  • le cariste doit porter le dispositif de retenue (ceinture de sécurité) lors de l’utilisation d’un chariot élévateur afin d’éviter d’être blessé lors d’un renversement. 

Par la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires.
Les travailleurs et travailleuses doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l’enquête

  • La CNESST transmettra les conclusions de son enquête à toutes les associations sectorielles paritaires et à l’ensemble des gestionnaires de mutuelles de prévention afin que leurs membres en soient informés. De plus, pour conscientiser les différents milieux de travail, la CNESST produira un avis sur le danger réel lors d’un levage de charges suspendues par les bras de fourches d’un chariot élévateur à mât vertical.
  • Le rapport d’enquête sera diffusé dans les établissements de formation offrant le programme de formation en conduite de chariot élévateur pour sensibiliser les futurs travailleurs.
  • La CNESST a délivré à l’employeur, PJB industries inc., un constat d’infraction. Pour ce type d’infractions, le montant de l’amende varie de 17 505 $ à 70 027 $ pour une première offense, et pourrait atteindre 350 136 $ en cas de récidive.

Lien utile

Pour plus d’information sur la santé et la sécurité, consultez la publication Pour ne rien oublier concernant la sécurité des chariots élévateurs.