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Décès d’un travailleur de La Grande Roue de Montréal inc.: la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Montréal, le 9 juin 2022

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête sur l’accident du travail ayant coûté la vie, le 25 décembre 2021, à M. Riley Jonathan Valcin, travailleur à La Grande Roue de Montréal inc., située dans le Vieux-Port de Montréal.

Chronologie de l’accident

Le jour de l’accident, M. Valcin était sur le site de l’entreprise et effectuait ses tâches habituelles. Au moment où les précipitations de neige commençaient à devenir plus abondantes, un collègue d’un autre département lui a demandé de déneiger à la main les roues motrices de la grande roue pendant leur rotation. Pour ce faire, et après avoir reçu les consignes de ce collègue, M. Valcin s’est dirigé vers les plateformes surélevées des moteurs en traversant le portillon demeuré ouvert, qui sert normalement à délimiter la zone d’accès restreint de la grande roue. Alors qu’il se trouvait à proximité de l’angle rentrant formé par la roue motrice inférieure et la plaque de transmission de la grande roue, le travailleur y a été entraîné et s’y est retrouvé coincé. Les premiers répondants ont été appelés sur les lieux, et M. Valcin a été transporté à un centre hospitalier, où son décès a été constaté.

Causes de l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir deux causes pour expliquer l’accident :

  • La zone dangereuse formée par la roue motrice et la plaque de transmission lors du fonctionnement de la grande roue était accessible au travailleur.
  • La gestion de la santé et de la sécurité était déficiente en ce qu’elle a amené les travailleurs à improviser une méthode de travail dangereuse pour déneiger les roues motrices de la grande roue.

À la suite de l’accident, la CNESST a interdit l’accès aux plateformes surélevées des moteurs jusqu’à ce que des moyens de protection permettant de rendre les zones dangereuses inaccessibles soient installés et que des procédures d’accès sécuritaires soient élaborées pour éliminer les dangers. L’employeur a pu reprendre ses activités après avoir mis en place les mesures correctives demandées.

Comment éviter un tel accident

Pour prévenir les accidents liés aux pièces en mouvement, des solutions existent, notamment :

  • s’assurer d’identifier les zones pouvant représenter un danger pour les travailleuses et travailleurs, et mettre en place les mesures nécessaires, par exemple des protecteurs fixes, destinées à rendre ces zones inaccessibles;
  • vérifier régulièrement l’état des protecteurs et les remplacer au besoin.

De plus, pour prévenir les accidents lors de l’entretien, de la réparation ou du déblocage dans la zone dangereuse d’une machine, des solutions existent, notamment :

  • appliquer une méthode de contrôle des énergies avant d’entreprendre tout travail dans la zone dangereuse d’une machine;
  • informer adéquatement les travailleuses et les travailleurs ayant accès à la zone dangereuse d’une machine des risques reliés à leur travail et leur assurer la formation, l’entraînement et la supervision appropriés pour faire en sorte qu’ils aient les habiletés et les connaissances requises.

Par la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs et travailleuses. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires.

Les travailleuses et travailleurs doivent pour leur part faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l’enquête

Dans le but d’assurer la sécurité du public ainsi que celle des personnes appelées à travailler près de jeux et de manèges, la CNESST collabore avec la Régie du bâtiment du Québec, l’organisme chargé d’établir et d’appliquer les normes de sécurité des travaux de construction et d’exploitation des jeux et manèges au Québec.

Pour éviter qu'un accident similaire se reproduise, la CNESST informera des conclusions de l’enquête les propriétaires-exploitants de jeux et manèges.

De plus, la CNESST informera des conclusions de l’enquête les personnes reconnues par la Régie du bâtiment du Québec pour émettre des attestations de conformité aux entrepreneurs, aux constructeurs-propriétaires et aux propriétaires-exploitants pour des travaux de construction et la sécurité d’un jeu ou d’un manège.

Finalement, le rapport d’enquête sera distribué aux associations sectorielles paritaires de même qu’aux gestionnaires de mutuelles de prévention.

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