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Chute de plus de 5 mètres de deux travailleurs sur un chantier de construction, à Québec : la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Québec, le 22 juin 2021

La CNESST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête sur l’accident du travail ayant coûté la vie à M. Michel Gosselin, briqueteur-maçon et propriétaire de l’entreprise Maçonnerie Michel Gosselin inc., le 12 août 2020, sur un chantier de construction situé au 2150, rue Mackay, à Québec. Lors de cet accident, un autre travailleur de l’entreprise a quant à lui subi des blessures. 

Chronologie de l’accident

Le jour de l’accident, M. Gosselin et son travailleur se trouvaient dans un échafaudage. Ils s’affairaient à la réfection d’un mur de maçonnerie sur un immeuble d’habitation de quatre étages. Vers 16 h 15, au moment de l’accident, les travaux avaient atteint le troisième étage de l’immeuble, et les travailleurs se trouvaient sur le plancher de travail de l’échafaudage constitué de deux madriers de bois d’œuvre. Alors qu’ils se trouvaient au centre du plancher de travail, les madriers se sont rompus. Ils ont fait une chute de 5,73 mètres, causant le décès de M. Gosselin et des blessures à l’autre travailleur. 

Causes de l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir deux causes pour expliquer l’accident.

  • Les madriers utilisés comme plancher d’échafaudage n’avaient pas une résistance suffisante et ont cédé sous le poids du propriétaire et du travailleur, ce qui a entraîné leur chute d’une hauteur 5,73 mètres au sol.
  • La planification des travaux de maçonnerie en hauteur comportait des lacunes qui ont mené à l’utilisation de madriers non conformes comme plancher d’échafaudage.

À la suite de l’accident, la CNESST a d’abord interdit la modification, le démontage ainsi que l’utilisation de l’échafaudage à cadre métallique qui était en cause. Ensuite, considérant la fin des activités de l’entreprise, la CNESST, en collaboration avec le propriétaire de l’immeuble, s’est assuré que les travaux puissent être menés à terme de façon sécuritaire par une autre entreprise. 

Comment éviter un tel accident

Pour assurer la sécurité des travailleurs présents dans un échafaudage, il importe d’utiliser des planchers qui respectent la réglementation et les normes en vigueur, c’est-à-dire :

  • des madriers en bois d’œuvre de dimensions minimales de 50 mm (2 pouces) sur 250 mm (10 pouces) et estampillés comme étant de qualité équivalente à de l’épinette de catégorie 1 par un organisme accrédité et, si la portée entre les points d’appui excède 2,1 mètres, conformes à la norme CAN/CSA S269.2-M87 : Échafaudages; 
  • des madriers manufacturés, faits de bois lamellés ou d’aluminium, respectant la norme CSA S269.2-M87 : Échafaudages;
  • des plateformes composites constituées d’un cadre de métal et munies de crochets respectant la norme CSA S269.2-M87 : Échafaudages.

De plus, quel que soit le type de planchers utilisé, ceux-ci doivent être entreposés au sec, à l’abri des intempéries, et faire l’objet d’une inspection visuelle avant leur utilisation, ainsi que régulièrement durant les travaux, de façon à déceler les défauts pouvant compromettre leur résistance (nœud, trait de scie, état des crochets, etc.). 

Par la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires.

Les travailleurs et travailleuses doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l’enquête

  • La CNESST transmettra les conclusions de son enquête aux associations sectorielles paritaires ainsi qu’aux gestionnaires de mutuelles de prévention, à l’Association de la construction du Québec, à l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec, à l’Association patronale des entreprises en construction du Québec, à l’Association des maîtres couvreurs du Québec, à l’Association des entrepreneurs en construction et à l’Association québécoise de l’industrie de l’échafaudage, afin qu’ils informent leurs membres.
  • Le rapport d’enquête sera diffusé dans les établissements offrant des programmes d’études professionnelles dans le domaine de la construction pour sensibiliser les futurs travailleurs et travailleuses.

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