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Travail de bureau et ergonomie

Le travail de bureau est présent dans presque tous les secteurs d’activité. Beaucoup de travailleuses et travailleurs occupent des emplois en administration, en bureautique, en téléphonie, en programmation, en technologies de l’information, en graphisme ou en comptabilité, par exemple.

La posture statique, principal facteur de risque

Le principal facteur de risque associé au travail de bureau est la posture statique. La posture statique implique le maintien du corps entier ou d’une partie du corps dans une position fixe pendant une période de temps donné. L’effort statique déployé, même s’il est parfois inconscient, est essentiel au maintien de la posture.

Être dans la même position de travail pendant plusieurs minutes implique la contraction des muscles, ce qui nuit à la circulation sanguine à l’intérieur des muscles impliqués et augmente les risques de lésions. Plus une posture est maintenue longtemps, plus il y a un risque de développer un trouble musculosquelettique. C’est pourquoi le corps humain a besoin de bouger régulièrement pour bien fonctionner.

Posture neutre

La posture neutre est une position d’équilibre respectant la courbure naturelle du dos. Cette posture limite la pression intradiscale et l’effort statique nécessaire pour résister à l’effet de la gravité et soutenir le poids de la tête. C’est la posture qui demande le moins d’effort aux articulations, muscles et tendons. Plus la posture de travail s’éloigne de cette position, plus le risque de développer un trouble musculosquelettique augmente.

Mesures de prévention à mettre en place

Employeurs

Pour réduire le risque que les travailleurs développent des troubles musculosquelettiques à cause d’une posture statique, certaines mesures doivent être mises en place par l’employeur.

  • Fournir des postes de travail ergonomiques adaptés ou adaptables à la tâche et à l’utilisateur.
  • Fournir des chaises de travail adaptées à la tâche, coussinées, en bon état et offrant de nombreuses possibilités d’ajustement du dossier, de l’assise et des appuie-bras.
  • Fournir des accessoires lorsque nécessaire, tels qu’appuie-pieds, porte-documents, écran supplémentaire et plateformes pour écrans.
  • Offrir de la formation et des outils au personnel sur l’ajustement du poste de travail.
  • Autant que possible, l’organisation du travail devrait favoriser une alternance des tâches et la prise de courtes pauses régulières.
  • Offrir autant que possible les services d’un ergonome pour une analyse complète de la situation de travail et un aménagement adéquat du poste de travail, particulièrement pour les travailleurs présentant des besoins particuliers.

Travailleurs

Les travailleurs peuvent appliquer ces mesures pour éviter de subir les effets dommageables d’une posture statique prolongée ou d’une mauvaise posture. Par exemple :

  • s’assurer de bien ajuster son poste de travail en se basant sur les guides existants s’assurer de changer de position régulièrement :
    • en prenant des pauses fréquentes pour se dégourdir
    • en se levant le plus souvent possible, par exemple, en allant voir un collègue à son bureau pour lui poser une question plutôt que l’appeler
    • en s’étirant pour détendre les articulations et les muscles de tout le corps
  • garder les outils qu’on utilise fréquemment à portée de main
  • dégager le dessous du bureau et l’espace derrière la chaise pour pouvoir circuler facilement et sans contourner d’obstacles
  • s’assurer de bien ajuster son écran (hauteur, angle, contraste, luminosité) et regarder au loin régulièrement pendant quelques secondes (exercice 20-20-20)
Ajustement ergonomique du poste de travail informatique

Bien régler et aménager son poste de travail aidera à adopter une posture neutre, confortable et naturelle. Bien régler et aménager son poste de travail aidera à adopter une posture neutre, confortable et naturelle.

  1. Cuisses parallèles au sol
    Régler l’inclinaison de l’assise de la chaise ou du fauteuil.
  2. Pieds en appui sur le sol ou sur un repose-pied
    Régler la hauteur de l’assise.
  3. Arrière des genoux dégagé
    Régler la profondeur de l’assise pour que la main passe facilement derrière le genou ou spécifier la profondeur appropriée à l’achat.
  4. Dos droit et bien appuyé
    Régler la hauteur, la tension et l’inclinaison du dossier. Il doit respecter les courbes de la colonne. Porter une attention particulière au bas du dos.
  5. Avant-bras soutenus et épaules détendues
    Régler la hauteur et l’espacement entre les accoudoirs pour que les avant-bras soient appuyés sans faire remonter les épaules.
  6. Coudes au même niveau que le clavier
    Régler la hauteur du plan de travail pour que le support-clavier soit au niveau du coude. Le bras plié doit former un angle de 90 degrés et les avant-bras doivent reposer sur les appuie-bras ou sur la surface de travail. La souris doit être près du clavier et à la même hauteur.
  7. Poignets droits et mains en ligne droite avec les avant-bras
    Régler l’inclinaison du clavier à l’aide de ses pattes.
  8. Moniteur à une distance de lecture confortable
    L’écran devrait être à 70 cm, soit environ la longueur d’un bras. Se placer pour que le haut de l’écran soit au niveau des yeux.
chaise
Fatigue visuelle

Le travail à l’ordinateur est exigeant pour le corps et ses articulations, mais aussi pour les yeux. La proximité de l’écran et sa luminosité fatiguent beaucoup la vue et il est important de la ménager.

Pour réduire la fatigue visuelle, le travailleur de bureau peut :

  • ajuster la luminosité et le contraste de son écran
  • ajuster son écran pour éviter les reflets de lumière
    • autant que possible, disposer son écran de côté par rapport à une fenêtre
  • ajuster son écran pour que le haut soit au niveau de ses yeux et qu’il soit à 70 cm (la longueur d’un bras) devant lui
  • placer l’écran un peu plus bas s’il porte des verres progressifs (il doit pouvoir lire le contenu de l’écran sans relever la tête)
  • faire régulièrement l’exercice 20-20-20, qui consiste à regarder un objet situé à 20 pieds pendant 20 secondes toutes les 20 minutes
Poste de travail assis-debout

Le poste de travail permettant l’alternance entre la position assise et la position debout est une option intéressante pour varier les positions de travail et réduire l’exposition aux aspects négatifs de chacune d’elle. Il faut cependant garder en tête qu’une posture statique debout prolongée peut, entre autres, entraîner des inconforts, des douleurs au bas du dos et aux jambes, des problèmes circulatoires et une fatigue générale des muscles posturaux. L’utilisation d’un tapis antifatigue est recommandée.

En l’absence de poste de travail assis-debout, il est possible de profiter malgré tout des bénéfices du travail debout intermittent en prenant fréquemment de courtes pauses, pour aller se chercher un verre d’eau ou s’étirer par exemple, ou en adoptant la position debout lors de certaines tâches, comme faire un appel téléphonique. On en retirera des bénéfices comparables.