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Entreposage des matières dangereuses

Dans plusieurs secteurs, les travailleuses et travailleurs peuvent être en contact avec des matières dangereuses. Les pesticides en agriculture, les peintures, solvants et décapants en usine et manufacture et plusieurs produits nettoyants, entre autres, doivent être manipulés et entreposés avec prudence.

L’entreposage sécuritaire des matières dangereuses fait partie d’une démarche globale de gestion des risques. La méconnaissance des règles d’entreposage peut entraîner de graves conséquences, comme des :

  • incendies
  • explosions
  • catastrophes environnementales
  • dégagements importants de produits toxiques ou inflammables
  • intoxications graves ou mortelles (exposition à des vapeurs toxiques)
  • blessures graves (explosion ou éclaboussures sur la peau ou dans les yeux, chutes de même niveau, etc.)

Il est important de connaître les propriétés des matières dangereuses, notamment l’inflammabilité, la corrosivité et la toxicité, pour les entreposer de manière à prévenir des situations potentiellement dangereuses.

Les 6 étapes d’un entreposage sécuritaire

1. Faire un inventaire

Cette étape permet, dans un premier temps, d’éliminer les produits périmés, inutilisés ou non identifiés. Il est recommandé de consulter une firme spécialisée pour s’assurer que les réglementations municipale, provinciale et fédérale sont respectées.

Il faut établir la liste des matières à entreposer, leurs classes de dangers (inflammable, corrosif, gaz sous pression, etc.) et leur volume. Cette liste permettra d’évaluer l’espace qui sera requis et les règles qui s’appliqueront. Les matières dangereuses doivent être clairement identifiées et les étiquettes, intactes. Idéalement, il faut conserver les produits dans leur contenant d’origine et entreposer seulement les quantités strictement requises.

2. Identifier les matières dangereuses

Dans la grande majorité des cas, l’étiquette du produit permet de déterminer s’il s’agit d’un produit dangereux. Plusieurs matières dangereuses se trouvant sur les lieux de travail portent une étiquette affichant les pictogrammes du SIMDUT 2015. Les étiquettes peuvent également comporter des pictogrammes requis par le Règlement sur le transport des marchandises dangereuses (TMD). D’autres types de produits, comme les pesticides ou les produits de consommation, portent des étiquettes avec des pictogrammes différents.

Les matières dangereuses ne sont pas toujours identifiées avec un pictogramme. Il existe d’autres moyens de reconnaître les matières dangereuses. Ainsi, l’utilisation du produit et sa réactivité peuvent donner des indices. En cas de doute, il convient de consulter le Répertoire toxicologique.

3. Déterminer la ou les classes de danger

Les classes de danger sont généralement indiquées à l’aide de pictogrammes sur les étiquettes. Le produit peut être associé à une ou plusieurs des classes de danger suivantes qu’on retrouve dans la section X du Règlement sur la santé et la sécurité du travail (RSST) :

  1. les gaz comprimés
  2. les matières inflammables et combustibles
  3. les matières comburantes
  4. les matières toxiques
  5. les matières corrosives
  6. les matières dangereusement réactives

Lorsqu’il s’agit d’un produit dangereux, pour lequel une fiche de données de sécurité est requise, les classes de danger sont inscrites dans la section 2 de la fiche.

Pour les produits pour lesquels une fiche de données de sécurité n’est pas requise (notamment les produits de consommation et les pesticides), le pictogramme et la mention de danger ou la nature du risque inscrit sur le contenant permettent de déterminer la classe de danger.

Quant aux produits couverts par le transport des matières dangereuses, l’information inscrite sur la plaque permet de déterminer la classe de danger.

4. Consulter les exigences réglementaires

Une fois les classes de danger déterminées, il faut consulter les exigences réglementaires de la section X du RSST qui s’appliquent pour déterminer les mesures d’entreposage requises.

Les exigences d’entreposage s’appliquant aux chantiers se trouvent à la section 3.16.10 du Code de sécurité pour les travaux de construction (CSTC).

5. Consulter la fiche de données de sécurité

La consultation de la fiche de données de sécurité est nécessaire pour planifier un entreposage sécuritaire. Les conditions d’entreposage mentionnées dans le RSST sont générales. Il est essentiel de faire une analyse du risque pour déterminer les mesures d’entreposage qui doivent être prises.

La fiche de données de sécurité élaborée par le fournisseur est un élément important de l’analyse du risque. Elle permet de recueillir des recommandations d’entreposage plus précises, spécifiques aux matières dangereuses à entreposer.

Les sections 7 et 10 de la fiche de données de sécurité sont particulièrement importantes.

Section 7 : Manutention et stockage

Cette section contient les informations relatives aux conditions d’entreposage. Il s’agit de conseils visant notamment à éviter :

  • les atmosphères explosives
  • les conditions corrosives
  • les dangers liés à l’inflammabilité
  • les conditions d’évaporation

On y trouve aussi des conseils pour contrôler notamment :

  • la température
  • l’humidité
  • le rayonnement solaire
  • les vibrations
  • la pression ambiante

et d’autres conseils concernant :

  • la ventilation
  • les quantités maximales pouvant être entreposées
  • le type d’emballage
  • la conception des salles et des cuves de stockage
  • l’ajout d’un stabilisant Section

10 : Stabilité et réactivité

Cette section contient des informations concernant les incompatibilités de la matière dangereuse avec d’autres produits. Ces informations sont essentielles puisqu’une réaction entre des matières incompatibles peut créer une situation dangereuse, comme une explosion ou la formation de produits toxiques ou inflammables.

On y trouve aussi des informations sur les conditions à éviter, comme la chaleur, les décharges d’électricité statique, les chocs, etc. Il peut aussi y avoir des informations concernant les conditions de réactions dangereuses.

6. Consulter le Répertoire toxicologique

Les fiches de renseignements diffusées dans le Répertoire toxicologique peuvent fournir de l’information utile et supplémentaire.