Depuis 5 ans, au Québec, 51 travailleurs sont décédés après avoir fait une chute à un niveau inférieur

Chute mortelle d’un travailleur de Béton Provincial ltée : la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Longueuil, le 4 février 2016

Le 28 septembre 2015, Michel Gauthier, opérateur de bétonnière pour Béton provincial ltée, à Boucherville, perd la vie au travail en chutant de 2,71 mètres et en se heurtant la tête sur une dalle de béton au sol. Parmi les causes à l’origine de l’accident, la CNESST conclut que lors d’une manœuvre à proximité de la station d’ajustement, le godet de la chargeuse sur pneus heurte une section du garde-corps et endommage ses ancrages. Ceux-ci cèdent et entraîne le travailleur vers le sol.

La CNESST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête afin de rappeler à tous les employeurs leur obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes de travail et les techniques pour les accomplir sont sécuritaires. Pour ce faire, il est essentiel de bien identifier les risques, d’en informer les travailleurs et de mettre en place des moyens pour les éliminer. Rappelons qu’entre 2010 et 2014, au Québec, 51 travailleurs sont décédés après avoir fait une chute à un niveau inférieur.

Le travailleur fait une chute de 2,71 mètres et sa tête heurte la dalle de béton

Le jour de l’accident, le travailleur se prépare à ramasser des boîtes vides laissées sur la plateforme d’ajustement située dans la cour de l’établissement de l’entreprise Béton Provincial ltée de Boucherville. En stationnant la chargeuse près de la station, le godet heurte une section de garde-corps. Le travailleur descend de la chargeuse pour effectuer une vérification de la section du garde-corps heurtée par le godet. À ce moment, les ancrages du garde-corps cèdent alors que le travailleur s’y appuie et celui-ci bascule vers le vide avec le garde-corps. Il fait une chute de 2,71 mètres avant que sa tête heurte la dalle de béton au sol.

Mieux reconnaître les dangers

L’enquête de la CNESST a permis de retenir deux causes pour expliquer l’accident. Premièrement, lors d’une manœuvre à proximité de la station d’ajustement, le godet de la chargeuse sur pneus heurte une section du garde-corps et endommage ses ancrages. Deuxièmement, en vérifiant la résistance de la section du garde-corps heurtée par le godet de la chargeuse, le travailleur est entraîné dans une chute mortelle lorsque les ancrages cèdent.

La CNESST exige une procédure de travail sécuritaire

À la suite de cet accident, la CNESST a interdit l’accès à la station d’ajustement de l’établissement ainsi que son utilisation. Un mois plus tard, la CNESST a autorisé l’accès à la station d’ajustement et son utilisation à la suite de correctifs apportés. L’employeur s’est conformé aux demandes de la CNESST.

Les accidents du travail, ça blesse plus de monde qu'on pense!

Chaque jour au Québec, 225 personnes se blessent en travaillant… et c'est sans compter toutes les autres personnes qui sont aussi blessées par ces accidents. Conjoints, enfants, parents, amis, collègues, patrons : tout le monde en souffre! Les accidents du travail et les maladies professionnelles peuvent être évités par une gestion permanente de la santé et de la sécurité. L'employeur et les travailleurs doivent faire équipe en vue de déceler les dangers, puis de les éliminer. Parce que le Québec a besoin de tous ses travailleurs.