Gardien-concierge pour GDS Valoribois inc. blessé mortellement dans la zone dangereuse d’un convoyeur : la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Rimouski, le 31 mai 2018

La CNESST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête sur l’accident du travail qui a coûté la vie à M. Jim Gagné-Lavoie, gardien-concierge au service de GDS Valoribois inc., le 23 novembre 2017 à Matane.

Chronologie de l’accident

Le soir de l’accident, M. Gagné-Lavoie se trouvait dans la scierie, située sur la rue du Parc-Industriel, et y effectuait diverses tâches d’entretien ménager. À un certain moment, il s’est dirigé vers un secteur de l’usine appelé le « 90 », qui est l’intersection entre les convoyeurs 4004 et 4006. Quelques minutes plus tard, un gyrophare s’est allumé, signalant l’arrêt de fonctionnement des deux convoyeurs. Un mécanicien de l’entreprise s’est donc rendu au secteur « 90 y a découvert M. Gagné-Lavoie, gravement blessé, allongé sur le plancher, près du système d’entraînement du convoyeur 4006, dont le portillon d’accès était ouvert. Les premiers soins ont été donnés au travailleur et les secours, appelés sur place. M. Gagné-Lavoie a été transporté en ambulance au Centre hospitalier de Matane, puis transféré au Centre hospitalier universitaire de Québec, où il est décédé des suites de ses blessures.

Les causes de l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir deux causes pour expliquer l’accident :

  • La méthode utilisée pou​r effectuer une tâche autour du système d’entraînement du convoyeur 4006 a exposé le travailleur à un risque d’entraînement et de coincement.
  • Les blessures du travailleur ainsi que la déchirure sur son manteau laissent supposer que son bras gauche a été entraîné par le système d’entraînement du convoyeur alors qu’il s’affairait à proximité de cette zone dangereuse.
  • La formation qui a été donnée et la supervision qui a été réalisée auprès du travailleur ont été insuffisantes et n’ont pas permis de s’assurer que celui-ci possédait les habiletés et les connaissances nécessaires pour accomplir son travail de façon sécuritaire.

À la suite de l’accident, la CNESST a ordonné la suspension des travaux d’entretien et de déblocage du convoyeur 4006 et a exigé de l’employeur qu’il effectue une mise à jour de sa procédure de contrôle des énergies (cadenassage) et qu’il forme les travailleurs concernant ces changements. L’employeur a effectué les correctifs requis et la CNESST a autorisé la reprise des travaux. Celui-ci a également installé des barrières de maintien à distance et revu son programme de formation ainsi que ses mécanismes de supervision visant le respect des procédures de cadenassage et des règles de sécurité.

Comment éviter un tel accident

Pour prévenir les accidents liés à ce type de travaux, des solutions existent, notamment :

  • ​mettre en place des protecteurs ou des dispositifs de protection pour contrôler l’accès aux pièces mobiles d’une machine durant son fonctionnement;
  • appliquer une méthode de contrôle des énergies avant d’entreprendre tout travail dans la zone dangereuse d’une machine;
  • former et informer les travailleurs ayant accès à la zone dangereuse d’une machine sur les risques liés aux tâches à effectuer et sur les mesures de prévention spécifiques à appliquer.

Pour en apprendre plus :

Par la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il doit notamment informer adéquatement les travailleurs sur les risques liés à leur travail et leur assurer la formation, l’entraînement et la supervision appropriés pour qu’ils puissent accomplir leurs tâches de façon sécuritaire. 

Les travailleurs et travailleuses doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l’enquête

  • Le rapport ​d’enquête sera diffusé dans les établissements de formation offrant des programmes d’études en opération d’équipement de production, dans le but de sensibiliser les futurs travailleurs.
  • La CNESST a délivré à l’employeur, GDS Valoribois inc, un constat d’infraction. Pour ce type d’infractions, le montant de l’amende varie de 16 645 $ à 66 183 $ pour une première offense, et pourrait atteindre 330 918 $ en cas de récidive.
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