Chauffeur de camion pour Transports S.L.M. inc. écrasé mortellement par le chariot élévateur qu’il débarquait de la remorque : la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Montréal, le 28 mars 2018

​La CNESST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête sur l’accident du travail ayant coûté la vie à M. Marc Pharand, chauffeur de camion pour l’entreprise Transports S.L.M. inc., le 1er septembre 2017, dans le quartier Villeray Saint-Michel Parc-Extension, à Montréal. ​

Chronologie de l’accident

Le jour de l’accident, M. Pharand s’est rendu sur un chantier situé au 8440, avenue Querbes, où il devait livrer des matériaux à l’aide d’un camion semi-remorque. À son arrivée à proximité du lieu de livraison, le chauffeur s’est garé et a entrepris de débarquer le chariot élévateur qui était chargé sur la remorque. Pour ce faire, il a pris place au poste de conduite du chariot, lequel se trouvait sur un support prévu à cet effet, et l’a mis en marche arrière. Lorsque l’arrière du chariot a atteint le vide, le chariot s’est soudainement renversé et a chuté vers le sol. M. Pharand a alors été écrasé au niveau du thorax, entre le sol et le toit de protection du chariot élévateur. Les services d’urgence ont été appelés sur les lieux de l’accident. Le décès du travailleur a été constaté sur place.

Deux causes expliquent l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir deux causes pour expliquer l’accident :

  • La modification du système de fixation du support du chariot élévateur a mis le travailleur en danger. À l’origine boulonné à la remorque à l’aide d’écrous, le système de fixation avait été modifié de manière non recommandée par le fabricant et non attestée par une personne compétente;
  • La formation et la supervision en ce qui a trait au port de la ceinture de sécurité étaient déficientes. Effectivement, la formation donnée par l’employeur sur la conduite du chariot élévateur n’abordait pas l’obligation de porter la ceinture de sécurité ni les dangers et les conséquences liés au fait de ne pas la porter.

À la suite de l’accident, la CNESST a interdit à l’employeur l’utilisation du support de type tiroir servant à embarquer un chariot élévateur. Pour en autoriser la réutilisation, l’employeur devait s’assurer que le système de fixation du support était sécuritaire pour les manœuvres d’embarquement et de débarquement du chariot élévateur et le faire approuver par une personne compétente en la matière.

De plus, une formation complète par un formateur qualifié a été exigée pour toute personne appelée à conduire un chariot élévateur au sein de l’entreprise, ainsi que la mise en place d’une politique obligeant le port de la ceinture de sécurité pour la conduite de ce type de véhicule.

En dernier lieu, la CNESST a exigé qu’une supervision adéquate soit exercée par l’employeur à cet effet.

L’employeur s’est conformé aux exigences liées à la formation ainsi qu’à la supervision qu’il doit exercer. Cependant, depuis l’événement, l’employeur n’utilise plus le support pour embarquer un chariot élévateur.

Comment éviter un tel accident

Pour prévenir les accidents lors de l’utilisation d’un support servant à embarquer un chariot élévateur ou de tout appareil de levage, l'employeur doit, dans un premier temps, s’assurer que le matériel qu’il fournit est sécuritaire et en assurer le maintien en bon état. De plus, toute modification apportée aux machines et aux équipements doit être réalisée selon les recommandations du fabricant ou attestée par une personne compétente. 

De plus, les caristes qui conduisent un chariot élévateur muni d’une structure de protection en cas de retournement doivent en tout temps porter la ceinture de sécurité pour éviter de se faire écraser. L’employeur doit également s’assurer que seules les personnes ayant reçu une formation sont autorisées à utiliser un chariot élévateur.

Par la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires.

Les travailleurs doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l’enquête

  • La CNESST transmettra les conclusions de son rapport à l'Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction afin que ses membres, tous susceptibles d’utiliser des chariots élévateurs, en soient informés;
  • Le rapport d’enquête sera diffusé dans les établissements de formation offrant le programme d’études Transport par camion pour sensibiliser les futurs travailleurs.