Décès d’un travailleur de l’entreprise La Sablière de Warwick  ltée : la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Trois-Rivières, le 25 octobre 2017

Le 15 mai 2017, M. Mathieu Provencher, technicien en arpentage au service de l’entreprise La Sablière de Warwick ltée, a perdu la vie au travail sur un chantier de génie civil à Saint-Christophe-d’Arthabaska. Il a été heurté mortellement par un camion-benne qui effectuait une manœuvre de recul. À la suite de son enquête, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) retient comme principale cause de l’accident des lacunes dans la gestion des travaux en coactivité sur le chantier.

Au Québec, depuis 5 ans, 21 travailleurs ont été heurtés mortellement par un véhicule. Dans la région de la Mauricie et du Centre-du-Québec, ce sont 3 travailleurs qui ont perdu la vie dans de tels accidents au cours de la même période.

Le travailleur est heurté par le camion-benne

Le jour de l’accident, M. Provencher installait son matériel d’arpentage sur le chantier, où le travail consistait à remplacer un ponceau du rang 7 de la municipalité de Saint-Christophe-d’Arthabaska. Au même moment, des travaux d’excavation et de transport de matériel étaient en cours sur le chantier. Alors que M. Provencher se trouvait dans l’aire de circulation, un camion a reculé sur une distance d’environ 46 mètres pour aller déverser le contenu de sa benne et l’a heurté. Le décès de l’arpenteur a été constaté sur place.

Deux causes expliquent l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir deux causes pour expliquer l’accident. D’une part, l’installation de l’appareil d’arpentage pour la prise de mesures a amené le travailleur à intervenir dans l’aire de circulation alors que le camion-benne effectuait une manœuvre de recul.

D’autre part, la gestion déficiente des travaux en coactivité sur le chantier a compromis la sécurité de l’arpenteur. Le jour de l’accident, l’aire de recul n’était pas balisée et aucun signaleur n’était sur place. De plus, l’arpenteur ne disposait d’aucun dispositif de communication et la séquence des travaux d’arpentage n’avait pas été planifiée.

La CNESST exige une méthode de travail sécuritaire

À la suite de l’accident, la CNESST a interdit tout travail sur le chantier en cours en raison des dangers d’écrasement lors des manœuvres de recul des véhicules lourds.

Également, la CNESST a exigé de l’employeur et entrepreneur maître d’œuvre du chantier, La Sablière de Warwick ltée, qu’il élabore une méthode de travail sécuritaire afin d’éliminer les risques lors des manœuvres de recul des véhicules de construction. L’employeur s’est conformé à cette exigence.

Comment éviter un tel accident

La CNESST rappelle que les travaux en coactivité sur un chantier ne s’improvisent pas. La mise en place d’un plan de circulation, une communication efficace et établie entre tous les travailleurs, la présence d’un signaleur, notamment lors des manœuvres de recul, ainsi que la planification et l’intégration du travail de l’arpenteur dans la séquence des travaux permettent d’éviter des accidents. Par la Loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires. L’employeur et les travailleurs doivent faire équipe pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Pour en savoir plus sur la prévention des accidents sur les chantiers de construction, nous vous invitons à consulter le site Web de la CNESST, à cnesst.gouv.qc.ca/construction.

Suivis de l’enquête

À titre préventif et informatif, la CNESST transmettra son rapport à l’Association de la construction du Québec, à l’Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec, à l’Association québécoise des entrepreneurs en infrastructure, à l’Association patronale des entreprises en construction du Québec, à l’Association des entrepreneurs en construction du Québec et à l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec, afin qu’elles sensibilisent leurs membres à l’importance de planifier la cohabitation entre les travailleurs et les équipements lourds sur les chantiers.