Conclusions de l’enquête de la CNESST

Décès d’un briqueteur-maçon de Rénovatech J.D.L. inc. sur un chantier résidentiel à Québec : une mauvaise planification des travaux dans un échafaudage est en cause

Québec, le 16 février 2017
​​

Le 6 mai 2016, un briqueteur-maçon au service de l’entreprise Rénovatech J.D.L. inc. a perdu la vie dans un accident du travail sur un chantier résidentiel à Québec. Il était monté dans un échafaudage pour effectuer des travaux de maçonnerie lorsqu’il est tombé sur un escalier en pavé de béton (interblock). À la suite de son enquête, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) retient comme principale cause la planification déficiente des travaux effectués à l’aide d’un échafaudage.

Au Québec, depuis 5 ans, 45 travailleurs sont décédés à la suite d’une chute à un niveau inférieur. Dans la Capitale-Nationale, ce sont 2 travailleurs qui ont perdu la vie dans de tels accidents.

Un des madriers bascule et provoque une perte d’équilibre

Le jour de l’accident, le briqueteur-maçon s’affairait à restaurer les joints des pierres au-dessus d’une fenêtre de la façade d’une résidence. Les travaux étaient effectués à partir d’un échafaudage de deux sections de hauteur, composé de cadres métalliques, de croisillons et de madriers. Pour accéder à l’échafaudage, une échelle était installée sur la deuxième marche d’un escalier en interblock et appuyée sur la façade de la résidence, à une distance de 45 cm de l’échafaudage. Trois madriers constituaient le plancher de travail. Tandis que le briqueteur-maçon se trouvait au sommet de l’échafaudage, à une hauteur de 3,1 m, il a posé le pied sur la partie en porte-à-faux d’un des madriers en tentant d’atteindre l’échelle. Le madrier a basculé et pivoté, ce qui a provoqué la perte d’équilibre du briqueteur-maçon. Ce dernier est alors tombé sur l’escalier, où il s’est frappé la tête. Les services d’urgence ont été appelés sur les lieux de l’accident. Le décès du briqueteur-maçon a été constaté au centre hospitalier.

Deux causes expliquent l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir deux causes pour expliquer l’accident. D’une part, lors de la transition entre l’échafaudage et l’échelle, le briqueteur-maçon a perdu l’équilibre en appuyant sur la partie en porte-à-faux d’un madrier et a chuté au sol.

D’autre part, la planification déficiente des travaux dans un échafaudage exposait le briqueteur-maçon à un danger de chute. En effet, même si l’on prévoyait faire des travaux de maçonnerie jusqu’à une hauteur de 5,8 m, l’échafaudage utilisé avait un plancher instable et aucun garde-corps n’y était installé. De plus, le briqueteur-maçon ne portait pas de harnais de sécurité relié à un système antichute.

La CNESST interdit l’utilisation de l’échafaudage

À la suite de l’accident, la CNESST a interdit, de façon permanente, l’utilisation de l’échafaudage en cause et a exigé l’installation d’un nouvel échafaudage conforme au Code de sécurité pour les travaux de construction afin d’assurer la sécurité des travailleurs pendant les travaux de maçonnerie. L’employeur s’est conformé à cette exigence.

Comment éviter un tel accident

La CNESST rappelle que, pour prévenir les chutes de hauteur, il est important de garder les pieds au sol, même en hauteur. Pour ce faire, il faut s’assurer d’utiliser des équipements qui permettent de prévenir les chutes et qui sont pourvus d’un plancher de travail stable, ceinturé d’un garde-corps, par exemple une plateforme élévatrice.

Pour en savoir plus sur la prévention des accidents liés aux chutes de hauteur, visitez le www.dangerconstruction.ca.

Rappelons que, par la loi, tout employeur doit s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires. L’employeur et les travailleurs doivent faire équipe pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer et les contrôler.

Suivis de l’enquête

Afin de sensibiliser les milieux de travail, la CNESST transmettra les conclusions de ce rapport à l’Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec, à l’Association de la construction du Québec, à l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec, à l’Association québécoise des entrepreneurs en infrastructure, à l’Association patronale des entreprises en construction du Québec et à l’Association des entrepreneurs en construction du Québec afin que leurs membres en soient informés.

De plus, le rapport d’enquête sera diffusé dans les établissements de formation qui offrent les programmes d’études du secteur Bâtiment et travaux publics afin de sensibiliser les futurs travailleurs.