Décès d’un travailleur de l’entreprise Pneus GBM d’Amos : la méthode de travail appliquée est mise en cause

Val-d'Or, le 14 mars 2017

Le 6 septembre 2016, alors qu’il s’affairait au chargement d’une roue de moissonneuse-batteuse à l’aide d’un camion-grue, M. Simon Vienneau-Fréchette a subi un accident du travail. Il a été mortellement écrasé entre le manipulateur qui tient la roue et le poste de commande de la flèche articulée.

À la suite de son enquête, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) retient comme principale cause que la méthode de travail appliquée a fait en sorte que le travailleur s’est placé dans une zone de coincement entre le poste de commande et le manipulateur.

Au Québec, depuis 5 ans, 35 travailleurs sont décédés après avoir été écrasés par de l’équipement ou des objets.

Le travailleur a été mortellement écrasé entre le manipulateur et le poste de commande

Le jour de l’accident, le travailleur de l’entreprise Pneus GBM d’Amos s’affairait au chargement d’une roue d’une moissonneuse-batteuse ayant un pneu crevé. Pour ce faire, il a utilisé un camion-grue à flèche articulée (bras mécanique) muni d’un manipulateur (un appareil qui sert à manipuler une charge). Lors de cette opération, le travailleur était placé au poste de commande de la flèche articulée. Il avait la main gauche sur un levier de commande et se tournait vers sa droite en direction du manipulateur, qui était derrière lui. Lors de cette action, sa main gauche a enclenché dans sa direction le levier de commande qui actionnait la flèche articulée. À ce moment, le manipulateur a poussé le travailleur sur le panneau de commande, alors que la flèche articulée continuait sa course. Le manipulateur a écrasé mortellement le travailleur sur le poste de commande.

Deux causes expliquent l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir deux causes pour expliquer l’événement.

D’une part, le manipulateur a poussé le haut du corps du travailleur sur les leviers de commande, coinçant ce dernier entre le poste de commande et le manipulateur.

D’autre part, la méthode de travail appliquée a fait en sorte que le travailleur s’est placé dans une zone de coincement entre le poste de commande et le manipulateur.

La CNESST exige des correctifs

À la suite de l’accident, la CNESST a rendu une décision à l’entreprise Pneus BGM d’Amos, leur interdisant l’utilisation ainsi que le déplacement du camion-grue à flèche articulée en cause dans l’accident pour des fins d’enquête.

Le camion-grue a par la suite été saisi à des fins d’inspection et d’expertise.

Finalement, à la suite de la réception du rapport d’expertise sur le camion-grue à flèche articulée, une décision a interdit l’utilisation de la flèche articulée et un scellé y a été apposé.

En lien avec cet accident, la CNESST a délivré à l’employeur, Pneus BGM d’Amos, un constat d’infraction. Pour une telle infraction, l’amende peut varier de 16 317 $ à 65 269 $ pour une première infraction, et peut atteindre 326 349 $ en cas de récidive.

Suivis de l’enquête

Afin d’éviter qu’un tel accident ne se reproduise, la CNESST informera l’association sectorielle paritaire des services automobiles (Auto Prévention) des conclusions de cette enquête pour diffusion auprès de ses membres utilisateurs de camions-grues et de camions à flèche.​