Conclusions de l’enquête de la CNESST

Décès par asphyxie d’un travailleur des Industries TLT, à Sainte-Monique : la conception des évents d’un séchoir à bois est en cause

Saguenay, le 14 décembre 2017

Le 15 mars 2017, M. Jimmy Tremblay, responsable des expéditions et des séchoirs à l’usine de transformation des Industries TLT, située dans la municipalité de Sainte-Monique au Lac-Saint-Jean, a perdu la vie, asphyxié par du monoxyde de carbone (CO) après être entré dans un séchoir à bois. À la suite de son enquête, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) retient notamment pour cause de l’accident une mauvaise conception des évents du séchoir.

Au Québec, depuis 5 ans, 138 travailleurs ont subi des lésions à la suite d’une exposition au monoxyde de carbone et 2 travailleurs ont été intoxiqués mortellement.

Concentration mortelle de monoxyde de carbone

Le matin de l’accident, M. Tremblay marchait seul dans la cour à bois de l’usine lorsqu’il est passé à proximité du nouveau séchoir à bois, qui était alors en fonction. Il y est entré par la porte non verrouillée et a aussitôt été exposé à une concentration mortelle de monoxyde de carbone. Son corps inanimé a été retrouvé par des collègues quelques minutes plus tard. Le décès de M. Tremblay a été constaté sur place par les ambulanciers appelés sur les lieux.

Trois causes expliquent l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir trois causes pour expliquer l’accident :

  • D’abord, la conception des évents du séchoir a entraîné un coincement des clapets surpression/dépression par de la glace, causant l’accumulation d’une quantité mortelle de monoxyde de carbone dans le séchoir;
  • Ensuite, le travailleur est entré à l’intérieur du séchoir en cours de fonctionnement et a été exposé à une concentration mortelle de monoxyde de carbone;
  • Enfin, la gestion de la santé et la sécurité du travail liée au nouveau séchoir était déficiente, car aucune démarche d’identification des risques n’avait été effectuée après son installation et sa mise en service. D’autre part, aucune méthode de travail sécuritaire n’avait été élaborée pour en contrôler l’accès.
  • La CNESST a exigé des correctifs

    À la suite de l’accident, la CNESST a interdit à l’employeur, Industries TLT, l’utilisation du séchoir à bois en cause jusqu’à ce que l’employeur informe ses travailleurs sur les risques, qu’il établisse des procédures d’accès au séchoir et forme ses travailleurs sur ces procédures, et qu’il contrôle l’accès au séchoir en tout temps. L’employeur a aussi dû s’assurer que les appareils du séchoir fonctionnant au propane étaient conformes à la norme et faire en sorte que la glace ne puisse plus bloquer les évents. L’employeur s’étant conformé aux exigences, la CNESST a autorisé la remise en fonction du séchoir à bois le 9 mai 2017.

    La CNESST a délivré à Industries TLT un constat d’infraction. Pour ce type d’infractions, l’amende varie de 16 545 $ à 66 183 $ pour une première offense, et pourrait atteindre 330 918 $ en cas de récidive.

    Comment éviter un tel accident

    La CNESST rappelle que pour éviter qu’un tel accident se répète, tout employeur doit s’informer des consignes de sécurité des fabricants d’équipements. De plus, il doit procéder à sa propre analyse de risques, particulièrement lors de l’acquisition et de la mise en fonction d’un nouvel appareil. Enfin, il doit former ses travailleurs aux méthodes de travail sécuritaires qu’il détermine.

    Pour en savoir plus sur la prévention des accidents liés au monoxyde de carbone :

    http://www.cnesst.gouv.qc.ca/monoxyde.

    Par la loi, tout employeur a l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires. L’employeur et les travailleurs doivent faire équipe pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer et les contrôler.

    Suivis de l’enquête

    Afin de sensibiliser les milieux de travail, la CNESST transmettra les conclusions de ce rapport à PréviBois − Santé et sécurité, un regroupement d’employeurs du secteur forestier, pour qu’il informe ses membres. De plus, le rapport d’enquête sera diffusé dans les établissements de formation offrant le programme d’études en sciage pour sensibiliser les futurs travailleurs de ce secteur.