Décès d’un travailleur de l’entreprise Transport R. Larouche & Fils inc. : la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Trois-Rivières, le 13 septembre 2017

Le 15 mai 2017, M. Camille Gagné, travailleur au service de l’entreprise Transport R. Larouche & Fils inc., a perdu la vie au travail à Trois Rivières. Il a été écrasé mortellement par une remorque sous laquelle il effectuait un ajustement mécanique. À la suite de son enquête, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) retient comme principale cause une gestion déficiente du contrôle de l’énergie lors des travaux d’ajustement des freins.

Au Québec, depuis 5 ans, 21 travailleurs ont été heurtés mortellement par un véhicule en mouvement. Dans la seule région de la Mauricie–Centre-du-Québec, ce sont 3 travailleurs qui ont perdu la vie dans de tels accidents au cours de la même période. 

Le travailleur est écrasé sous les roues de la remorque 

Le jour de l’accident, M. Gagné s’affairait à ajuster les freins d’une remorque dans la cour à l’aide d’une clé de serrage. Alors que M. Gagné se trouvait sous la remorque, le conducteur du camion, qui ignorait la présence du travailleur à cet endroit, a déplacé celle-ci pour procéder à un chargement. Le travailleur a alors été écrasé sous les roues de la remorque. Les services d’urgence ont été appelés sur les lieux de l’accident. Le décès de M. Gagné a été constaté au centre hospitalier.

Deux causes expliquent l’accident 

L’enquête a permis à la CNESST de retenir deux causes pour expliquer l’accident. D’abord, le travailleur s’est fait écraser alors que la remorque, sur laquelle il procédait à l’ajustement des freins, a été déplacée.

Ensuite, la gestion relative au contrôle de l’énergie lors des travaux d’ajustement des freins de la remorque était déficiente. Le jour de l’accident, aucune procédure de contrôle des énergies n’était disponible pour procéder à la maintenance de la remorque. En effet, le travailleur qui réparait les freins n’avait pas la clé du camion en sa possession, il n’y avait pas de cales sous les roues et aucune vérification de la localisation du travailleur n’a été faite avant de déplacer le camion.

La CNESST exige une procédure de travail sécuritaire

À la suite de l’accident, la CNESST a exigé que l’employeur élabore une procédure de travail sécuritaire pour les interventions sur les remorques à l’extérieur du garage de l’entreprise. L’employeur s’est conformé à l’exigence dès le lendemain de l’accident.

Comment éviter un tel accident 

La CNESST rappelle que le cadenassage – ou, à défaut, toute autre méthode qui assure une sécurité équivalente – doit être appliqué avant d’entreprendre tout travail dans la zone dangereuse d’une machine, qu’il s’agisse de montage, d’installation, d’ajustement, d’inspection, de réglage, de mise hors d’usage, d’entretien, de désassemblage, de nettoyage, de maintenance, de remise à neuf, de réparation, de modification ou de déblocage. 

Rappelons que, par la loi, tout employeur a l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires. L’employeur et les travailleurs doivent faire équipe pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer et les contrôler.

Suivis de l’enquête 

Afin de sensibiliser les milieux de travail, la CNESST transmettra les conclusions de ce rapport à l’Association des camionneurs artisans, à l’Association du camionnage du Québec ainsi qu’à l’Association des routiers professionnels du Québec, pour informer leurs membres des conclusions de l’enquête. La CNESST rappellera notamment la nécessité de respecter les consignes concernant le contrôle de l’énergie lors de travaux de maintenance.

De plus, le rapport d’enquête sera diffusé dans les établissements de formation offrant les programmes d’études Mécanique de véhicules lourds routiers ainsi que le programme de Transport par camion afin de sensibiliser les futurs travailleurs.

​​​​