Décès du président de Structure Robert inc., à Mirabel :
la CNESST dévoile les conclusions de son enquête

Saint-Jérôme, le 13 septembre 2018

La CNESST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête sur l’accident du travail ayant coûté la vie à M. Martin Robert, président de l’entreprise Structure Robert inc., à Mirabel, le 14 mars 2018.

Chronologie de l’accident

Le jour de l’accident, M. Robert, accompagné d’un collègue d’une autre entreprise, devait installer un escalier de secours métallique pour desservir le premier étage d’un immeuble commercial en construction. Une fois la mise en place de l’escalier terminée, M. Robert et son collègue se trouvaient sous l’escalier pour y ramasser leurs outils. C’est à ce moment que l’escalier, installé en porte-à-faux, s’est renversé. Le collègue s’est accroupi sur place alors que M. Robert a tenté de s’éloigner. Il s’est cependant retrouvé dans la trajectoire de l’escalier, qui l’a écrasé. Les services d’urgence ont été appelés sur les lieux de l’accident, et M. Robert a été transporté au centre hospitalier, où son décès a été constaté.

Causes de l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir trois causes pour expliquer l’accident :

  • L’escalier, fixé en porte-à-faux sur le mur de fondation du bâtiment en construction, s’est renversé à la suite de la rupture du béton aux points de fixation des trois poutres sur lesquelles il reposait;
  • La méthode d’installation de l’escalier n’était pas sécuritaire du fait que sa mise en place en porte-à-faux ne permettait pas d’en assurer la stabilité;
  • La planification des travaux d’installation de l’escalier en période hivernale était déficiente puisqu’elle ne tenait pas compte du niveau réel du sol.

À la suite de l’accident, la CNESST a ordonné la suspension des travaux de déplacement de l’escalier renversé et d’installation de l’escalier de secours. Elle a exigé une méthode de travail sécuritaire pour le démantèlement de l’escalier renversé ainsi que pour l’installation du nouvel escalier de secours. La CNESST a autorisé l’installation d’un escalier de secours provisoire.

Comment éviter un tel accident

Pour prévenir les accidents dans le domaine de la construction :

  • il est impératif d’apporter un soin rigoureux à la planification et à la coordination des travaux en période hivernale. Le niveau réel du sol doit notamment être considéré;
  • les ouvrages temporaires, les contreventements ou les autres structures en porte-à-faux doivent avoir fait l’objet de plans détaillés préparés par un ingénieur;
  • les bâtiments, leurs éléments structuraux et leurs liaisons ainsi que les coffrages et les ouvrages provisoires doivent aussi être calculés de manière à avoir une résistance et une intégrité structurale suffisantes pour supporter en toute sécurité les charges, les effets des charges et les autres sollicitations pouvant être raisonnablement prévus, compte tenu de la durée utile de ces bâtiments.

Par la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires.

Les travailleurs doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Suivis de l’enquête

  • La CNESST transmettra les conclusions de son enquête aux associations suivantes pour qu’elles en informent leurs membres : l’Association de la construction du Québec (ACQ), l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), l’Association patronale des entreprises en construction du Québec (APECQ) et l’Association des entrepreneurs en construction du Québec (AECQ);
  • Le rapport d’enquête sera diffusé dans les établissements de formation offrant le programme d’études Montage structural et architectural pour sensibiliser les futurs travailleurs.