Conclusions de l'enquête de la CNESST

​Un aide-pêcheur du pétonclier P’tite Baie gravement blessé : l’accès aux zones dangereuses du treuil à double tambour par l’opérateur de l’équipement est en cause​

Gaspé, le 1 février 2017
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Le 11 mars 2016, un aide-pêcheur du pétonclier P’tite Baie, appartenant au capitaine Jean Charles Thériault, a subi de graves blessures lorsqu’il a été entraîné dans le treuil durant les manœuvres d’enroulement des funes (cordages en fil d’acier). À la suite de son enquête, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) retient comme principale cause de l’accident l’accès aux zones dangereuses du treuil à double tambour par l’opérateur de l’équipement.

Le travailleur est entraîné dans le treuil

Le jour de l’accident, le bateau P’tite Baie était amarré au quai de Cap-aux-Meules. Vers 13 h 30, alors qu’il se trouvait sur le pont du bateau, l’aide-pêcheur a enroulé la fune sur le treuil à double tambour. II s’est alors rendu compte que la fune s’enchevêtrait sur le tambour gauche du treuil. Il a décidé de replacer la fune manuellement. Pour ce faire, il s’est penché au-dessus du tambour gauche du treuil. L’embrayage mécanique était désengagé, mais le tambour du treuil continuait de tourner à vitesse réduite en raison de son énergie résiduelle. Les vêtements de l’aide-pêcheur se sont alors pris dans la fune, le faisant culbuter vers l’avant du treuil. L’aide-pêcheur a enclenché accidentellement l’embrayage lors de sa culbute et a été entraîné dans le treuil. Il a été blessé gravement.

Trois causes expliquent l’accident

L’enquête a permis à la CNESST de retenir trois causes pour expliquer l’accident. D’abord, l’aide-pêcheur avait accès aux zones dangereuses du treuil à double tambour au moment où il était aux commandes de l’équipement.

D’autre part, l’aménagement du pont de pêche, avec l’installation d’un treuil à double tambour au centre du bateau, obligeait le travailleur à se tenir à proximité du treuil en mouvement pour effectuer sa tâche de travail.

Enfin, la méthode de travail utilisée par l’aide-pêcheur pour l’enroulement des funes sur le treuil à double tambour exposait ce dernier à un danger d’entraînement. En effet, en replaçant la fune avec ses mains, le travailleur a été entraîné et coincé, puisque les zones dangereuses de l’équipement étaient accessibles.

Exigences de la CNESST

À la suite de l’accident, la CNESST a interdit l’utilisation du treuil à double tambour se trouvant sur le pont du pétonclier pour l’enroulement des funes lorsqu’elles sont détendues et déroulées sur un quai ou sur les bobines d’entreposage.

Afin de pouvoir utiliser de nouveau le treuil, l’employeur devra s’assurer que l’organisation du travail, les méthodes, les techniques et les équipements utilisés pour l’enroulement de funes détendues sont sécuritaires. Les interventions en lien avec cette dérogation sont toujours en cours.

Comment éviter un tel accident

Afin d’éviter qu’un tel accident se reproduise, la CNESST transmettra les conclusions de son enquête au Comité permanent sur la sécurité des bateaux de pêche du Québec, aux associations des capitaines-propriétaires et aux associations des aides-pêcheurs du Québec afin qu’ils sensibilisent leurs membres.

De plus, le rapport d’enquête sera diffusé dans les établissements de formation offrant les programmes d’études Pêche professionnelle, Aquiculture, Techniques d’aquaculture, Navigation, Mécanique marine, Techniques de génie de mécanique marine et Technologie de l’architecture navale.

La CNESST rappelle qu’un accident sur un navire n’arrive jamais par hasard. Elle rappelle aux capitaines et aides-pêcheurs que des solutions existent pour aménager les bateaux de façon sécuritaire.

Pour plus de détails sur la santé et la sécurité à bord des bateaux de pêche, visitez le www.cnesst.gouv.qc.ca/peches.

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